Chili: Les évêques déçus de la décision britannique sur le sort du général Pinochet

«Une atteinte à la souveraineté du Chili»

Santiago, 19 avril 1999 (APIC) Les évêques chiliens ne sont pas contents. La décision prise par le ministre britannique de l’Intérieur, Jack Straw, d’accepter l’extradition vers l’Espagne de l’ex-dictateur Augusto Pinochet, est à leurs yeux malheureuse. Elle est «une atteinte à la souveraineté du Chili et affecte le processus de réconciliation nationale».

Mgr Javier Prado, secrétaire de la Conférence épiscopale chilienne, et l’archevêque de Conception, Mgr Antonio Moreno, expliquent dans une déclaration que la décision du ministre britannique font ressurgir des divisions politiques et mettent des obstacles à la démocratie chilienne.

Pour Mgr Prado, évêque de Rancagua, les évêques chiliens estiment que les crimes qui ont pu être enregistrés durant le régime du général Pinochet doivent être jugés à l’intérieur du Chili. Ils rejoignent à ce sujet la position de leur gouvernement. «C’est à notre pays que revient le devoir de résoudre ses problèmes nationaux. Ce procès, ajoute-t-il, diabolise la démocratie chilienne, alors que nous avons passé beaucoup d’années pour la reconquérir».

Quant à l’archevêque de Conception, membre du Conseil permanent de l’épiscopat, il prétend que le Chili se trouve actuellement attaqué dans ses droits. Le plus grave est que cette situation rouvre des divisions profondes entre Chiliens qui paraissaient guéries et qui maintenant affectent à nouveau la vie nationale. Les évêques croient effectivement que meilleur pour le Chili serait que le sénateur Pinochet puisse rentrer dans son pays.

Certes, conclut Mgr Moreno, «les évêques ne nient pas que des droits de l’homme ont été violés durant le régime militaire. Une raison de plus pour affirmer qu’aucun gouvernement étranger n’a le droit de juger nos problèmes internes». (apic/aci/ba)

19 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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