Région autonome dans le collimateur des autorités

Chine: Amnesty International dénonce la répression au Xinjiang

Londres, 25 mars (APIC) Amnesty International (AI) dénonce une intensification de la répression chinoise dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang sous couvert de lutte contre le terrorisme. Depuis le 11 septembre, estime AI, le gouvernement chinois se sert de la notion de «terrorisme» et pratique un amalgame oppressif.

Amnesty International publie un rapport qui décrit les récentes dispositions légales antiterroristes introduites en Chine. Il informe également d’une campagne de répression menée actuellement dans la région du Xinjiang. Selon AI «les autorités chinoises utilisent la notion très subjective de terrorisme pour justifier l’arrestation d’un large éventail de personnes».

Les opposants au régime de Pékin qui réclament davantage d’autonomie sont accusés de «séparatisme ethnique» et de complicité à des réseaux de terroristes internationaux, indique l’organisation internationale.

Ces six derniers mois, écrit AI, les autorités ont appréhendé des milliers de personnes, parmi lesquelles des religieux musulmans, arrêtés pour avoir enseigné le Coran.

Le jeûne durant le ramadan a été interdit dans les écoles, les hôpitaux et les bâtiments administratifs. Des mosquées ont été fermées parce qu’elles se trouvaient à proximité d’écoles et qu’elles avaient, aux yeux des autorités, une «mauvaise influence» sur les jeunes. Au début de l’année, cette campagne de répression s’est élargie à d’autres catégories socioprofessionnelles. Toutes les formes de dissidence ou d’opposition potentielle, y compris l’expression pacifique d’opinion dans des poèmes, des livres et des lettres, ou sur internet, sont visées. Pour AI, la liberté de religion et les droits culturels sont violés par de nouvelles dispositions légales. Le champ d’application de la peine de mort s’en trouve ainsi élargi.

Condamnés à mort

Les informations recueillies par l’organisation des droits de l’homme font état de peines prononcées contre des «séparatistes» au cours de «rassemblements de condamnation publique». Certains auraient été condamnés à mort et exécutés immédiatement après ces rassemblements. Le rapport mentionne plusieurs cas, notamment celui de 12 Ouïghours condamnés le 15 octobre 2001 à des peines allant de 5 ans d’emprisonnement à la peine capitale.

Le document de l’organisation décrit enfin les modifications apportées récemment à la législation pénale. Les nouvelles dispositions adoptées élargissent le champ d’application de la peine capitale et pourraient déboucher sur la criminalisation d’activités pacifiques, notamment de l’exercice des libertés d’expression et d’association.

L’appartenance à une «organisation terroriste» constitue désormais une infraction pénale, mais en l’absence de toute définition du terme, Amnesty International craint que les autorités chinoises en fassent une interprétation très large. Soit toute appartenance à un mouvement politique ou à un groupe religieux.

AI appelle la communauté internationale à saisir l’occasion que lui offre la 58e session annuelle de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, à Genève, pour exhorter les autorités chinoises à ne plus justifier «des violations des droits de l’homme en invoquant la ’guerre contre le terrorisme’». (apic/ai/fm/pr)

25 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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