Chine: Arrestation de 130 fidèles d’une Eglise protestante interdite
Une communauté protestante qualifiée de «subversive»
Hongkong/Pékin, 24 août 2000 (APIC) Les autorités chinoises ont ordonné l’arrestation de 130 fidèles appartenant à une Eglise protestante interdite, le mouvement Fang-Cheng. Les adeptes de cette communauté non reconnue ont été incarcérés mercredi près de Dawangzhuang, dans la province centrale du Henan, annonce jeudi le Centre d’information pour les droits de l’homme et la démocratie basé à Hongkong.
Le gouvernement communiste chinois permet l’exercice du culte aux adeptes des religions nationales – bouddhisme, taoïsme, islam, catholicisme et protestantisme – dans la limite où les communautés sont enregistrées. En décembre dernier, le fondateur du mouvement Fang-Cheng, Zhang Rong Liang, a été condamné à deux ans de camp de travail forcé sous l’accusation de diriger une secte.
Les chrétiens chinois sont reconnus dans le cadre du Mouvement des trois autonomies et de l’Association patriotique des catholiques de Chine, des associations contrôlées par les autorités. Les mouvements évangéliques clandestins passent pour être plus charismatiques et plus missionnaires que les Eglises protestantes officielles et regrouperaient quatre fois plus de membres que les 10 millions de «protestants officiels». Les religions non reconnues ou interdites sont soumises à une dure répression. Les autorités chinoises ont fait arrêter un grand nombre de chrétiens non officiels.
Parmi les 130 protestants arrêtés, trois – Henry Chu, Patricia Lan et Sandee Lin – sont porteurs d’un passeport américain et sont originaires de Taiwan, mais vivent en Californie. Ils travaillaient comme missionnaires au service du mouvement Fang-Cheng, qui fait partie d’une bonne dizaine d’Eglises interdites par le gouvernement et qui vivent dans la clandestinité.
Exécutions de leaders religieux et morts suspectes en prison
Ces dernières refusent de s’affilier aux associations patriotiques reconnues et entretiennent des liens avec des groupes chrétiens d’outre-mer, ce qui est interdit par le principe des «trois autonomies» qui dispose notamment que le financement de l’Eglise, son encadrement pastoral et ses agents évangélisateurs doivent être nationaux et non soumis à une influence étrangère. L’Eglise protestante Fang-Cheng affirme avoir plus d’un demi million de disciples.
Les autorités chinoises ont qualifié cette communauté protestante de religion subversive, la considérant de la même manière que la secte interdite Falun Gong, soumise à une répression massive. Des milliers de membres de ce mouvement spirituel d’obédience bouddhiste ont été appréhendés et plus de 20 sont morts en détention.
Selon le Centre d’information de Hongkong, plusieurs milliers de protestants membres de mouvements clandestins sont actuellement emprisonnés en Chine. Parmi eux, le fondateur au Henan de la «Société évangélique de Chine» dont une quinzaine de responsables ont été arrêtés ce printemps. Dans le milieu des années 80, des leaders de cultes évangéliques, comme les «crieurs» et le mouvement Beiliwang ont été exécutés. Le même sort a été réservé en 1999, dans la province du Hunan, à Liu Jiaguo, chef du mouvement Zhushen (l’esprit suprême), condamné à mort pour viol.
Selon le Bureau des affaires religieuses (BAR) dépendant du gouvernement de Pékin, qui prétend tout ignorer de l’Eglise Fang-Cheng, les «cultes hérétiques» relèvent du Ministère de la sécurité publique. (apic/bbc/kna/be)



