Chine: Campagne anti-canonisation du gouvernement
Pardon du pape pour les «limites et erreurs» de cette canonisation
Pékin, 3 octobre 2000 (APIC) Le gouvernement chinois a lancé une véritable campagne anti-canonisation à l’occasion de la proclamation des 120 martyrs de Chine. Le pape a pour sa part demandé pardon, lundi Place Saint-Pierre, à ce pays pour les éventuelles «limites et erreurs» de cette canonisation, après avoir considéré que les nouveaux saints sont «un honneur pour le peuple chinois».
Des sessions idéologiques pou les prêtres et les évêques, des menaces adressées au clergé de l’Eglise officielle: selon l’agence romaine Fides, le gouvernement chinois a lancé une véritable campagne anti-canonisation à l’occasion de la proclamation des 120 martyrs de Chine.
Des sessions idéologiques pour les prêtres et les évêques
D’après l’agence catholique Ucan de Hong Kong, que cite Fides, des évêques et des prêtres de l’Eglise officielle ont été l’objet de pressions pour qu’ils «évitent de parler en public» de la canonisation, durant les messes dominicales du 1er octobre. Un évêque a également déclaré que des membres de la police et des autorités gouvernementales étaient présents à la messe, «probablement pour vérifier» tout ce qu’il disait. Un évêque du nord-ouest a déclaré que, lui-même et son clergé, devront assister à une session de rencontres à la fin de cette semaine. Dans le nord-est de la Chine également, des rencontres sont prévues entre le personnel du Bureau des Affaires religieuses, des évêques et des prêtres.
Le gouvernement a peur de perdre le contrôle sur les groupes religieux du pays
Le quotidien «South China Morning Post» révèle que le diocèse de Hong Kong a été lui aussi l’objet de pressions. «Le 18 septembre, peut-on lire dans ce quotidien, un représentant du diocèse de Hong Kong a été réprimandé par des personnalités du Bureau de liaison, qui lui ont demandé de maintenir, dans les cérémonies, la plus grande discrétion». Les seules exceptions enregistrées face à ce silence forcé, rapporte Fides, sont un prêtre de l’Eglise officielle du nord de la Chine, qui a mentionné la canonisation dans son homélie du 1er octobre, et un clergé qui a célébré une messe des Saints Martyrs de Chine, mais en secret et tard dans la soirée.
Selon le «South China Morning Post» encore, «la réaction de Pékin à la canonisation reflète la peur qu’a le gouvernement de perdre la pression qu’il exerce sur les groupes religieux du pays. Le gouvernement est conscient qu’il est en train de perdre le contrôle, et il a décidé de se servir de la canonisation pour présenter le Vatican comme étant un ennemi de la Nation». La campagne contre la canonisation se sert de l’appui de la presse et de la télévision gouvernementales, estime Fides.
Le pape demande pardon pour les «éventuelles erreurs»
Au lendemain de la canonisation des martyrs de Chine, le pape a publiquement demandé pardon, lundi, au gouvernement chinois pour les éventuelles «limites et erreurs» de cette proclamation. Jean Paul II a déclaré qu’il ne voulait pas «poser un jugement historique sur les périodes» dans lesquelles ont vécu les nouveaux saints. Il a tout de même tenu à souligner que cette canonisation constituait «un honneur pour le noble peuple de Chine». (apic/fides/fm)



