Le futur cardinal Zen est décrit comme une menace pour la Chine

Chine : Craintes face à une normalisation des rapports entre Pékin et le Vatican

Pékin, 17 mars 2006 (Apic) L’évêque de Hongkong et futur cardinal, Mgr Joseph Zen Ze-kiun a estimé que les récentes déclarations critiques de l’Association patriotique des catholiques chinois à son égard trahissaient les craintes quant à une éventuelle normalisation des relations entre Pékin et le Vatican. Anthony Liu Bainian, vice-président de cette Association, a décrit Mgr Zen comme une menace pour Pékin, comme l’était le pape Jean Paul II pour le régime communiste en Pologne.

Interrogé le 8 mars par l’agence Reuters, Anthony Liu Bainian a encore précisé que l’évêque de Hongkong était «largement connu pour être un opposant au communisme». Son élévation au cardinalat témoignait de «l’hostilité du Vatican à l’égard de la Chine», a-il ajouté, dans une nouvelle reprise par l’agence « Eglises d’Asie ».

Cette interview reflète un changement de ton par rapport à l’accueil, relativement neutre, adopté par le responsable chinois au lendemain de l’annonce par Rome de l’élévation au cardinalat de Mgr Zen. Le 23 février, Anthony Liu Bainian s’était contenté de déclarer que la nomination de Mgr Zen obéissait à «des considérations politiques» de la part du Vatican, sans plus de précision.

Le 9 mars à Hongkong, relève « Eglises d’Asie », le cardinal Zen a réagi en rendant public un communiqué. Qualifiant les propos d’Anthony Liu Bainian d’«un peu surprenants», l’évêque de Hongkong a déclaré qu’ils indiquaient à quel point celui-ci était «inquiet» d’une normalisation éventuelle des relations entre Pékin et le Vatican. Quant à la comparaison entre la Chine et la Pologne, Mgr Zen l’a qualifiée de «tirée par les cheveux», ajoutant qu’il était «évident que les catholiques n’acceptaient pas le communisme du fait de ses présupposés athées», mais qu’il ne fallait pas en conclure que lorsque l’évêque de Hongkong critiquait la politique du gouvernement, il défiait le gouvernement en tant que tel.

« Discerner ceux qui aiment vraiment la Chine »

Enfin, répondant à l’accusation régulièrement lancée contre lui, à savoir qu’il agit sous l’influence de puissances étrangères, Mgr Zen a déclaré qu’il n’y avait «rien de plus ridicule», s’interrogeant si ce n’était pas «trop demander que d’espérer que nos dirigeants puissent un jour discerner ceux qui aiment véritablement leur patrie de ceux qui trahissent les vrais intérêts de la patrie».

Dans un entretien accordé à l’agence Ucanews le 10 mars, Anthony Liu Bainian a paru revenir sur ses propos diffusés par Reuters. Il a ainsi déclaré que l’Eglise de Chine n’avait pas de position sur le caractère bienvenu ou non de l’élévation de Mgr Zen au cardinalat, car elle applique le principe «un pays, deux systèmes». La nomination faite par le pape regarde le diocèse de Hongkong, et le Saint-Siège n’entretient pas de relations diplomatiques avec la Chine, a-t-il continué. Quant à la normalisation de ces relations, il a affirmé que « les catholiques de Chine n’y sont absolument pas opposés ».

Enfin, le même jour à Pékin, Mgr Fang Xingyao, évêque «officiel» de Linyi, a déclaré qu’une invitation du cardinal Zen à se rendre en visite en Chine continentale était à l’étude. «Le cardinal Zen a un rôle à jouer dans le développement des relations sino-vaticanes», a-t-il précisé. Propos également tenus par un autre évêque «officiel», Mgr Zhan Silu, vice-président, comme Anthony Liu Bainian, de l’Association patriotique des catholiques chinois. (apic/eda/bb)

17 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!