Chine: Décès de Mgr Zong Huaide, président du Collège épiscopal catholique «patriotique»
Mgr Huaide: Rétablissement des relations avec Rome envisageable
Pékin, 30 juin 1997 (APIC) Mgr Zong Huaide, président du Collège épiscopal catholique «patriotique» de Chine, est décédé en fin de semaine à Pékin, a-t-on annoncé lundi de source officielle dans la capitale chinoise. Mgr Zong Huaide, évêque de Jinan et Zhoucun, est mort d’une crise cardiaque à l’âge de 80 ans. Considéré au début comme un partisan de la ligne dure, il avait semble-t-il fait des ouvertures en direction des catholiques «clandestins» qui refusent l’allégeance aux autorités communistes. Il considérait une normalisation des relations entre Pékin et le Saint-Siège – coupées depuis les années 50 – comme envisageable.
En 1992, lors de la réorganisation des structures du catholicisme chinois officiel qui l’avait confirmé à la présidence du nouveau Collège épiscopal, Mgr Zong Huaide avait estimé que les évêques auraient désormais davantage d’autorité dans les affaires internes de l’Eglise chinoise. Une Eglise dont les activités sont étroitement contrôlées par le gouvernement, que ce soit par les Bureaux des Affaires religieuses qui existent aux niveaux national, provincial et des villes, ou par les divers organismes catholiques «patriotiques».
Mgr Zong Huaide était également président des autres organes officiels que sont l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC) et la Commission administrative de l’Eglise catholique en Chine. Né en 1917 dans la province du Shandong, en Chine orientale, Zong Huaide fut ordonné prêtre en 1943. Pendant la Révolution culturelle (1966-76), il connut les geôles communistes plusieurs années durant. Mgr Zong Huaide fut réhabilité au début des années 80 et reprit ses activités au sein de l’Eglise catholique officielle.
L’APCC, qui contrôôle l’activité des catholiques officiels, a coupé toute relation avec Rome en 1957. Les évêques officiels chinois – dont certains sont tout de même reconnus officieusement et discrètement par Rome – sont nommés et ordonnés sans l’accord du Vatican. Ils reconnaissent tout de même que le pape est le chef de l’Eglise, même s’ils n’ont pas le droit de dépendre d’une juridiction étrangère, en vertu du «principe des trois autonomies». Ainsi, en vertu de ce principe imposé par l’Etat, l’organisation de l’Eglise, ses activités religieuses et son financement ne doivent pas dépendre de l’étranger. Tous les missionnaires étrangers furent d’ailleurs expulsés peu après la prise de pouvoir par les communistes en 1949.
Le rétablissement des relations diplomatiques avec le Saint-Siège est conditionné par Pékin qui exige au préalable la rupture des relations diplomatiques que le Vatican entretient avec Taiwan. (apic/kna/be)



