Les catholiques le ressentent comme une entrave supplémentaire à la liberté
Chine: décret sur les lieux de cultes (170594)
Pékin, 17mai(APIC) La nouvelle réglementation publiée le 31 janvier dernier par le Conseil d’Etat pour l’administration des lieux de culte relance
les mesures prises contre les prêtres et les laïcs qui refusent de rejoindre l’Eglise «ouverte» approuvée par le gouvernement, rapporte une source
catholique dans le pays.
Des catholiques ressentent le récent décret sur les lieux de cultes comme une menace supplémentaire pour leur liberté. Au lieu d’aller dans une
église administrée par l’Eglise «ouverte», ces prêtres et des fidèles
«clandestins» se réunissent en privé, chez eux, surtout ceux qui habitent
dans les villes.
Que ce soit durant une messe, un cours du catéchisme ou une récollection
spirituelle, ils risquent des descentes de police et des arrestations si
l’endroit n’est pas conforme à la réglementation officielle. C’est du reste
ce qui s’est passé à Shanghaï, selon la même source, le jour de Pâques. Un
prêtre «clandestin» célébrait la messe chez des catholiques. La police est
arrivée et a confisqué tout ce qu’il y avait sur l’autel, sauf l’eucharistie.
Les catholiques «clandestins» craignent aussi que de plus grandes restrictions affectent les pèlerinages. Chaque année, au mois de mai, ils se
rendent par milliers au sanctuaire marial de Donglu, dans la région de Baoding, dans le Hebei, situé dans le nord de la Chine. Une église approuvée
par le gouvernement a été construite, mais ils préfèrent assister à une
messe dite en public près du sanctuaire par des prêtres «clandestins». Le
24 mai 1993, des milliers de catholiques qui fêtaient Marie secours des
chrétiens, ont été entourés d’un cordon d’agents de la sécurité publique,
qui ne sont pas intervenus. La messe s’est déroulée paisiblement.
Cette année, indique-t-on, les pèlerinages au sancturaire de Donglu vont
reprendre. On craint que la police ne prenne prétexte du nouveau décret
pour empêcher les cérémonies. On redoute des affrontements et des heurts.
(apic/eda/pr)



