Chine: Des évêques n’accordent que peu d’importance à la visite d’une délégation vaticane

«Une bonne chose», mais sans grande signification

Pékin, 14 juillet 2006 (Apic) La récente visite à Pékin d’une délégation du Saint-Siège est «une bonne chose». Elle ne signifie cependant pas qu’un accord sur une éventuelle normalisation soit en vue, estiment trois évêques chinois, cités par Eglises d’Asie. Le Vatican s’est montré très discret sur ce séjour. Comme les autorités chinoises d’ailleurs.

Ni le Vatican ni le gouvernement chinois n’ont en effet fait de commentaire sur la récente visite à Pékin d’une délégation du Saint-Siège. Du 25 juin dernier au 1er juillet, Mgr Claudio Maria Celli et Mgr Gianfranco Rota Graziosi ont rencontré des responsables chinois à Pékin et se sont rendus dans la province du Shandong. Cette visite est intervenue peu après les ordinations menées sans l’accord du pape, le 30 avril à Kunming et le 3 mai dans l’Anhui.

Les trois évêques, qui avaient été invités par Benoît XVI au Synode sur l’Eucharistie en octobre dernier, analysent l’annonce de cette visite en Chine comme une bonne nouvelle, même si, à leurs yeux, il ne faut pas en attendre de développement spectaculaire à court terme, au sujet d’une future normalisation des relations sino-vaticanes.

Contacté le 27 juin par l’agence Ucanews, l’évêque «officiel» de Shanghai, Mgr Jin Luxian, s’est déclaré surpris d’apprendre que les pourparlers entre la Chine et le Vatican se poursuivaient sous cette forme et à ce niveau. Il a ajouté connaître Mgr Celli de longue date, soulignant «son amour et son souci» pour la Chine et son attention à la normalisation des relations diplomatiques. Il a conclu en estimant que, selon lui, cette normalisation n’interviendra pas à court terme, mais «une fois que les pourparlers ont commencé, il y a de l’espoir».

Egalement interrogé sur la question, Mgr Wei Jingyi, évêque «clandestin» du diocèse de Qiqihar, dans la province du Heilongjiang, estime que c’est là une bonne nouvelle qui reflète «les talents de négociateur» de la Chine. «Si la Chine veut véritablement acheter quelque chose, a-t-il dit, elle est capable de prétendre ne pas être intéressée à conclure l’affaire et à tourner le dos jusqu’à ce que le vendeur baisse son prix».

Malentendus à éliminer

Au sujet de la normalisation des relations diplomatiques, un résultat ne sera pas atteint immédiatement, pense-t-il également, mais «ce genre de contacts directs est constructif car il permet d’éliminer les malentendus».

Mgr Luke Li Jingfeng, évêque de Fengxiang, dans la province du Shaanxi, a pour sa part demandé au Saint-Siège de ne jamais aller dans le sens de la Chine sur la question des évêques «élus et ordonnés de manière autonome». «Si le Saint-Siège n’insiste pas sur ce principe de l’Eglise catholique, il vaut mieux en rester à la situation prévalant actuellement», a-t-il affirmé.

A Pékin, Anthony Liu Bainian, vice-président de l’Association patriotique des catholiques chinois, a déclaré à Ucanews qu’il n’était pas au courant de la présence en Chine d’une délégation vaticane, étant donné que c’est là «une affaire du gouvernement». Il a ajouté que cette visite prouvait que les deux récentes ordinations n’avaient pas interrompu le dialogue entre la Chine et le Saint-Siège.

Ces ordinations, a-t-il insisté, renvoient à l’attention que le Saint-Siège porte au manque d’évêques en Chine. «Plus de quarante sièges épiscopaux sont à pourvoir et les besoins en termes d’évangélisation sont aigus», a-t-il conclu. (apic/eda/pr)

14 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!