Les dirigeants chinois appellent les catholiques du pays à se désolidariser de Rome. (Photo: Flickr/Joe Hunt/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY 2.0</a>)
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Les dirigeants chinois appellent les catholiques du pays à se désolidariser de Rome. (Photo: Flickr/Joe Hunt/CC BY 2.0)

Chine: les dirigeants appellent les catholiques chinois à se séparer de Rome

30.12.2016 par Bernard Hallet

Yu Zhengshen, membre du Politburo et chef du parti communiste chinois de Shanghai a appelé, le 29 décembre 2016, les catholiques chinois à se désolidariser de Rome. “L’Eglise, a-t-il déclaré lors de la IXe Assemblée nationale des représentants catholiques, devrait adhérer aux principes d’une administration autonome, gérer ses affaires de manière indépendante et conduire les croyants sur le chemin de la ‘sinisation'”.

Le discours de Yu Zhengshen, clôturait la IXe Assemblée nationale des représentants catholiques, suivie de très près par le Saint-Siège. Son discours, explique le site Catholic Herald, donne un aperçu de la volonté de Pékin de renouer le dialogue avec le Saint-Siège. Selon les médias officiels, Yu Zhengshen a appelé les Eglises catholiques à adhérer au “socialisme à caractère chinois”.

L’événement a suscité un certain scepticisme dans le clergé chinois. Cette réunion “est une pièce de théâtre. Tout y a été planifié: l’attribution des rôles, les paroles, l’auditoire, trié sur le volet, qui levait la main et a approuvé le contenu et la couverture médiatique”, explique à Asia News Fr. Peter, un prêtre du nord du pays.

Renouvellement des instances officielles de l’Eglise de Chine

Convoquée juste après Noël, cette Assemblée a réuni pendant trois jours, 365 délégués, dont 59 évêques, venus de tout le pays. Les dirigeants des instances officielles de l’Eglise de Chine ont été renouvelés six ans après la VIIIe Assemblée.

Les médias chinois ont confirmé la réélection, le 28 décembre, de Ma Yinglin, évêque “officiel” excommunié par Rome en 2006, dans ses fonctions à la tête du Conseil des évêques catholiques de Chine. Cette instance n’est pas reconnue comme Conférence épiscopale par le Saint-Siège.

Mgr Fang Xingyao, évêque de Linyi, dans l’est du pays, reconnu par Rome mais proche du pouvoir et ayant participé à des oridnations illégitimes, a été reconduit à la présidence de l’Association patriotique des catholiques chinois. Cette instance sert de courroie de transmission du Parti et du gouvernement sur l’Eglise de Chine.

Au final, sur les huit évêques illégitimes, qui ne sont pas en communion avec Rome, six figurent parmi les instances dirigeantes du Conseil des évêques et de l’Association patriotique. Une proportion élevée si l’on considère que ces six évêques siègent parmi un total de 19 vice-présidents.

Selon l’agence Xinhua, Wang Zuo’an, le responsable des affaires religieuses chinoises, a affirmé plus tôt dans la semaine qu’il espérait que le Vatican se montrerait “plus flexible et pragmatique et ferait des pas concrets pour améliorer les relations”. Aucun détail de ce que Pékin attendait n’a été donné.

Le Saint-Siège n’approuve pas mais réserve son jugement

La Chine et la Vatican sont en désaccord sur le fait que l’Eglise officielle chinoise (contrôlée par l’Etat) agit en dehors de l’autorité du pape. Pékin a cessé ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège depuis la prise du pouvoir des communistes en 1951, peu de temps après que le parti aie autorisé la liberté de culte dans les seules églises certifiées par l’Etat. La plupart des 12 millions de catholiques chinois pratiquent cependant leur foi dans des congrégations officieuses.

Le 20 décembre dernier, à l’approche de la réunion de l’Assemblée, le Saint-Siège avait précisé à la presse que sa position concernant cette assemblée, une instance qui n’a pas de légitimité au sein de l’Eglise, “était bien connue”, tout en ajoutant qu’il “réservait son jugement en se basant sur des faits prouvés”.

Le communiqué du Saint-Siège se concluait par ses termes: “En attendant, il est certain que tous les catholiques en Chine attendent avec impatience des signaux positifs, qui les aident à avoir confiance dans le dialogue entre les autorités civiles et le Saint-Siège, et à espérer en un avenir d’unité et d’harmonie”. (cath.ch/catholicherald/ea/bh)


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