Chine: L’agence vaticane FIDES dénonce les «tortures sexuelles» contre les prêtres

Une «unité spéciale» de la police chinoise utilise des prostituées

Rome, 4 janvier 1999 (APIC) L’agence vaticane FIDES a dénoncé lundi les «tortures sexuelles» utilisées contre les prêtres clandestins récalcitrants tombés aux mains de la police chinoise. L’agence d’information dépendant de la Congrégation romaine pour l’évangélisation des peuples révèle qu’une «unité spéciale de la police» utilise des prostituées pour les compromettre, les faire chanter et les forcer à s’inscrire à l’Association Patriotiques des Catholiques de Chine, une organisation contrôlée par les autorités communistes chinoises.

Selon FIDES, le Père Li Qinghua, un prêtre de 31 ans du diocèse de Yixian, dans la province chinoise du Hebei, a été soumis à une série d’interrogatoires et de tortures physiques et psychologiques par une «unité spéciale» formée d’hommes et de femmes. Le Père Li Qinghua, membre de «l’Eglise clandestine» non reconnue officiellement, est détenu depuis le 29 novembre dernier dans le district de Xushui, près de Baoding.

D’après les informations parvenues à FIDES, «le personnel féminin est constitué de prostituées qui cherchent par tous les moyens à avoir des rapports intimes avec le prêtre.» Une caméra vidéo installée à l’intérieur de la prison filme tout ce qui se passe pour accumuler du matériel qui sera utilisé pour faire chanter le prêtre, lui faire confesser ses rapports avec d’autres prêtres de l’Eglise des catacombes et le contraindre à s’inscrire à l’Association Patriotique. FIDES affirme que d’autres prêtres ont subi le même traitement durant ces derniers mois.

Le P. Li Qinghua est originaire de la province du Shaanxi et a été ordonné prêtre en 1993. Il a travaillé dans un séminaire non officiel et a développé ses activités pastorales dans les communautés chrétiennes de Pékin. En 1997, il a été transféré dans le district de Guan (Hebei). Il a été arrêté le 15 novembre à une heure du matin, alors qu’il était hébergé chez un laïc catholique à Weizhuang. La police a séquestré des livres religieux et des vidéocassettes pour la catéchèse qui lui appartenaient.

Le jour suivant, les policiers ont aussi arrêté 6 responsables laïcs des communautés de Guan et d’autres villages voisins, les soumettant à des interrogatoires intensifs, avant de les libérer après 5 jours de détention et une amende d’un montant global de 7’000 yuans, soit l’équivalent de 14 mois de salaire d’un ouvrier.

Des spécialistes pour faire changer le mode de penser des prêtres insoumis

Depuis quelque années, le gouvernement provincial du Hebei a établi à Xushui une «unité spéciale» pour «changer le mode de penser» des prêtres. Les membres des communautés clandestines arrêtés dans tout le Hebei sont envoyés à Xushui dans une maison transformée en prison, affirme FIDES. Selon des témoignages de prêtres qui sont passés par là, les prêtres sont soumis à la pression des interrogatoires et à celles des prostituées, qualifiées de «personnel féminin de service». «Ces filles, souligne un témoin, cherchent par tous les moyens à établir une relation amoureuse avec eux, les submergeant d’un fleuve de paroles et de signes pour les faire tomber en tentation». Parfois même, écrit encore FIDES, les policiers et les prostituées les accompagnent dans des discothèques ou des bars à karaoké pour les faire tomber lentement et sans défense dans leurs bras. FIDES affirme que de telles méthodes employées dans le but de détruire la moralité des prêtres ne sont pas nouvelles en Chine et ont été abondamment utilisées durant la Révolution culturelle. A cette époque, des religieux et des religieuses étaient contraints de vivre ensemble et de se marier. (apic/fs/be)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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