Sans consultation préalable avec Rome
Chine: L’Eglise patriotique se prépare à de nouvelles ordinations d’évêques
Pékin, 5 mai 200 (APIC) L’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), courroie de transmission du parti communiste chinois au sein de l’Eglise catholique «officielle» de Chine, s’apprête à faire ordonner six ou sept nouveaux évêques les 7 et 14 mai 2000. Les nouveaux évêques devraient être ordonnés sans consultation préalable de Rome et seraient destinés aux provinces du Shandong et du Zhejiang, annonce vendredi 5 mai «Eglises d’Asie», l’agence d’information des Missions étrangères de Paris.
Trois diocèses sont cités comme devant être pourvus en évêques après cette ordination: Ningbo et Linghai dans le Zhejiang et Yanggu dans le Shandong. L’Eglise catholique «officielle» avait déjà procédé à cinq ordinations épiscopales le 6 janvier dans un geste qui se voulait provocateur vis-à-vis de Rome où le pape procédait lui-même, le même jour, à d’autres ordinations épiscopales. L’événement s’est produit au moment où des rumeurs de plus en plus persistantes faisaient état d’un possible établissement de relations diplomatiques entre Pékin et le Vatican.
Des milieux opposés à une normalisation avec le Vatican
Nombre d’observateurs avaient alors interprété cette décision comme une victoire des «durs» de l’APCC et du Bureau national des affaires religieuses opposés à une normalisation des relations avec le Vatican. On avait appris par la suite que plusieurs candidats pressentis avaient refusé d’être ordonnés évêques parce qu’ils n’avaient pas reçu l’accord du pape. C’est la raison pour laquelle il n’y avait pas eu que cinq ordinations alors que douze étaient prévues à l’origine. L’on sait aujourd’hui que certains évêques de l’Eglise «officielle» sont discrètement reconnus par le Saint-Siège.
A l’heure actuelle, selon des sources bien informées de Hong Kong, une certaine c confusion semble régner parmi les candidats pressentis pour être ordonnés évêques. Certains attendraient encore d’avoir l’accord secret de Rome avant d’accepter l’ordination.
Toujours des obstacles à la normalisation des relations avec le Vatican
On sait que parmi les évêques «officiels» choisis par l’Association patriotique des catholiques chinois et reconnus par le gouvernement, beaucoup ont, reçu l’assentiment du Vatican et peuvent donc être considérés comme légitimes de la même manière que les évêques dits «clandestins» qui sont tous nommés par le Saint-Siège mais ne sont pas reconnus par le gouvernement. Depuis plusieurs années, le pouvoir de nommer les évêques dans l’Eglise de Chine – avec l’exigence de Pékin d’une rupture des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taiwan – reste le principal obstacle à une normalisation des relations entre Vatican et Pékin. La Chine continue de prétendre que cette exigence du Vatican est une ingérence dans les affaires intérieures chinoises.
Le 3 mai, le cardinal Josef Tomko, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a profité d’une messe d’anniversaire des émissions chinoises de radio Vatican, pour réaffirmer fortement les prérogatives du pape dans la nomination des évêques: «Aucune puissance humaine ne peut espérer changer la Constitution de l’Eglise catholique fondée sur Pierre». Ceci ne signifie pas que l’Eglise «désire remplacer le pouvoir politique ou s’ingérer dans leur domaine», mais, «seuls les évêques unis avec le successeur de Pierre sont les pasteurs légitimes de l’Eglise catholique dans le monde entier et aucune autorité, institution ou association ne peut prétendre à cette fonction».
Demeure cependant le fait que l’Eglise catholique «officielle» de Chine, vieillissante au niveau de sa hiérarchie, a un besoin urgent d’évêques. La fermeté des déclarations du cardinal Tomko à la veille de ces nouvelles ordinations d’évêques semble indiquer un durcissement des positions du Vatican qui, à la fin de l’année dernière, semblait avoir accepté un compromis sur le pouvoir de nommer les évêques. (apic/com/mk)



