Chine: L’évêque «clandestin» arrêté le 5 mars dernier a été libéré le 14 mars
Application de la décision de l’Assemblée nationale du 12 mars?
Pékin, 16 mars 2004 (Apic) L’évêque «clandestin» arrêté le 5 mars dernier, dont l’arrestation a suscité une vive réaction du Saint-Siège, a été libéré le 14 mars, indique Eglises d’Ase (EdA), qui cite «plusieurs sources catholiques chinoises». Les observateurs y voient l’application de la décision de l’Assemblée nationale chinoise, prise le 12 mars dernier à propos des droits de l’homme et de la liberté de religieuse
Mgr Wei Jingyi, évêque «clandestin» du diocèse de Qiqihar, dans la province du Heilongjiang, a été remis en liberté le 14 mars dernier dans l’après-midi. L’évêque avait été arrêté par la police chinoise dix jours plus tôt, le 5 mars, sur la route reliant l’aéroport de Harbin à la ville de Harbin, capitale du Heilongjiang.
Le chauffeur de la voiture, ainsi que les deux visiteurs de Mgr Wei, deux Français, avaient eux aussi été interpellés, pour être relâchés le lendemain.
L’arrestation de Mgr Wei avait provoqué une réaction – fait plutôt inhabituel – du Vatican, qui a demandé des explications aux autorités chinoises. «S’il existe des chefs d’accusation contre l’évêque arrêté, alors ils doivent être rendus publics, comme c’est le cas dans tous les Etats de droit», avait notamment déclaré Joaqin Navarro-Valls, porte- parole.
Pris au mot
A Harbin, les sources catholiques indiquent que Mgr Wei a été remis en liberté, la police ayant confisqué la carte SIM de son téléphone portable. Selon une de ces sources, la remise en liberté si rapide de l’évêque s’explique par le fait qu’il était accompagné, le 5 mars, de deux visiteurs étrangers, témoins de son interpellation.
Lors de l’arrestation, rapporte cette source, «l’attitude des fonctionnaires du Bureau des Affaires religieuses et de la Sécurité publique envers l’évêque, qui était rude, a changé dès lors qu’ils se sont aperçus de la présence des deux étrangers dans le véhicule».
Selon les observateurs, la demande d’explications formulées par le Vatican à l’occasion de l’arrestation de Mgr Wei répond sans doute à l’affirmation nouvelle par Pékin que «l’Etat (chinois) respecte et protège les droits de l’homme».
L’Assemblée nationale populaire, en session annuelle du 5 au 14 mars dernier, a en effet intégré dans la Constitution de la République populaire de Chine la notion de protection et de respect des droits de l’homme, y compris «la liberté de religion» reconnue à la faveur du vote le 12 mars d’un amendement à l’article 14 de la Constitution.
Le Vatican aurait ainsi pris Pékin au mot en demandant des comptes à la Chine comme à n’importe quel «Etat de droit», membre de la communauté internationale. (apic/eda/pr)




