Liu Bainian souffle le chaud et le froid
Chine: L’invitation du pape fait naître des spéculations dans les médias italiens
Rome, 30 juillet 2007 (Apic) Un responsable de l’Eglise catholique officielle de Chine a émis le souhait que le pape se rende dans le pays le plus peuplé du monde. En réaction, le pape Benoît XVI, chef de l’Eglise de Rome, a déclaré que la question était «compliquée», sans toutefois écarter la possibilité d’une visite en Chine. Mais en réalité, Pékin souffle le chaud et le froid dans ses relations avec le Saint-Siège.
Liu Bainian, 74 ans, vice-président laïc de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC) – un organisme dépendant du Bureau des Affaires religieuses du gouvernement de Pékin – s’est exprimé récemment dans le quotidien italien «La Repubblica» pour saluer le caractère «positif» de la Lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques de Chine. «J’espère vivement pouvoir voir le pape célébrer un jour ici à Pékin la messe pour nous, les Chinois», a affirmé Liu Bainian.
Mais la semaine dernière, Liu Bainian, dans le journal gouvernemental «China Daily», le chef de l’APCC a dénoncé sans ambages la Lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine. Il a ainsi fait marche arrière par rapport à l’espoir qu’il avait soulevé à l’occasion de son interview dans la «La Repubblica». Il a répété qu’il espérait que le pape pourrait visiter la Chine et y célébrer la messe «mais seulement après la normalisation des rapports diplomatiques». Ce qui est en fait la répétition des revendications traditionnelles et inéluctables de Pékin: la rupture des relations diplomatiques avec Taiwan et les «interférences dans les affaires internes de la Chine», c’est-à-dire la nomination par le Vatican des évêques catholiques en Chine. .
Le 25 juillet, un groupe de journalistes a rencontré le pape Benoît XVI, lors de son séjour de vacances près du massif des Dolomites, dans le nord de l’Italie. Evoquant l’interview donnée par Liu Bainian, les journalistes ont demandé à Benoît XVI s’il se rendrait en Chine. Le souverain pontife a répondu qu’il ne pouvait se prononcer pour le moment, car «c’est compliqué».
Les obstacles sont toujours là
Liu Bainian avait déclaré dans «La Repubblica»: «Je veux saluer tout particulièrement le Saint Père. Nous prions toujours pour lui, demandant au Seigneur que nous recevions la grâce de pouvoir l’accueillir ici, parmi nous». Au cours de la même semaine, le cardinal de Hong Kong Joseph Zen Ze-kiun rendait visite au pape. Certains journaux italiens ont avancé que la présence du cardinal au Vatican pendant les vacances du pape étaient «un signe manifeste» que Benoît XVI examinait des «moyens concrets» pour normaliser les relations entre le Saint Siège et Pékin.
Le 30 juin, Benoît XVI, 80 ans, avait envoyé une lettre de 55 pages écrite en chinois et dans de nombreuses langues occidentales aux évêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs de l’Eglise catholique en République populaire de Chine.
Selon le journal officiel «China Daily», Liu Bainian a déclaré le 26 juillet que le Vatican, qui entretient des relations diplomatiques avec Taiwan, voulait que la Chine accorde au pape l’autorité suprême pour nommer les évêques de Chine continentale.
Le journal a précisé que les déclarations de Liu Bainian venaient compléter et clarifier les propos qu’il avait tenus dans le journal «La Repubblica». «Ce que je voulais dire, c’est que j’espérais que le pape pourrait se rendre en Chine et y célébrer la messe, mais seulement après la normalisation des relations diplomatiques. Si une solution convenable peut être trouvée à ces deux questions (les relations diplomatiques avec Taiwan et l’autorité du pape), les deux parties bénéficieront de conditions favorables pour améliorer leurs relations», a déclaré Liu Bainian au «China Daily». (apic/eni/be)



