Une vingtaine de dirigeants protestants arrêtés dans le Jiangsu

Chine: La campagne contre les Eglises s’intensifie

Pékin, 21 novembre 2003 (Apic) Une vingtaine de dirigeants de groupes protestants ont été arrêtés ces derniers mois dans le nord de la province du Jiangsu (est), dans le cadre d’une campagne d’éradication des «organisations religieuses illégales», ont rapporté vendredi des responsables locaux.

En octobre déjà, une douzaine de prêtres et de séminaristes catholiques ont été arrêtés dans la province de l’Hebei, au nord de la Chine. Les personnes arrêtées font partie de l’Eglise catholique dite «clandestine», c’est-à-dire non inscrite auprès de l’organisme gouvernementale qui regroupe les Eglises «approuvées» par l’Etat.

Dans la province du Jiangsu, quelque 125 endroits dans lesquels plusieurs familles se réunissaient pour prier ont été fermés depuis le mois de juillet, privant environ 3’000 fidèles de lieux de culte, selon le Centre d’information pour les droits de l’Homme et la démocratie en Chine, basé à Hong Kong.

Selon le directeur du Bureau des affaires et religieuses de la municipalité de Suqian, dans cette dernière ville, la plupart des personnes qui faisaient partie d’organisations religieuses illégales ont été éduquées par le gouvernement et ont cessé leurs activités.

Un responsable du Bureau provincial des affaires religieuses a confirmé qu’une campagne de répression des activités religieuses illégales était en cours dans le Jiangsu, une province dont la partie sud, proche de Shanghai est relativement riche et fortement urbanisée, alors que sa partie nord est plus rurale et pauvre.

Evêque retrouvé après six ans de silence

Une campagne de répression a aussi récemment été signalée dans la province voisine du Zhejiang (est). Plusieurs centaines de temples et d’églises ont été fermées par les autorités chinoises. Motif: leurs fidèles n’appartiennent pas aux communautés religieuses reconnues par l’Etat. Au total, ce sont 392 lieux de culte et de prière qui auraient été fermés à l’occasion d’une campagne contre les «groupes religieux illégaux». De plus, quatre églises et 24 temples auraient été détruits, et 92 lieux de culte bouddhiste auraient été réquisitionnés et transformés en «centres de redressement».

Chapitre répression encore: six ans après son arrestation par la police, un évêque clandestin chinois âgé de 72 ans a redonné des signes de vie. Mgr Jacques Su Zhimin, évêque de Baoding, disparu depuis octobre 1997, a été transféré sous forte escorte policière à l’hôpital central de Baoding, dans le Hebei, la province entourant Pékin.

Arrêté et emprisonné le 8 octobre 1997, l’évêque non officiel de Baoding n’avait plus été vu depuis et aucune information sur son lieu de détention n’avait été transmises à ses proches. Les autorités chinoises, interrogées par diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales sur le sort qui avait été réservé au prélat clandestin, n’avaient pas apporté de réponses concluantes. Depuis six ans, ses proches ne savaient même pas s’il était vivant ou mort. (apic/ag/fs/mn/pr)

21 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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