Pékin demande des excuses pour la canonisation des 120 martyrs
Chine: Le gouvernement émet de nouvelles exigences envers le Vatican
Pékin, 30 novembre 2001 (APIC) Tang Jiaxuan, ministre chinois des Affaires étrangères, a déclaré que des excuses du pape pour la canonisation des 120 martyrs le 1er octobre 2000 constituent un préalable à la normalisation des relations diplomatiques avec le Vatican.
Dans un entretien accordé au journal italien «La Stampa» le 24 novembre dernier, Tang Jiaxuan a déclaré que le pape Jean Paul II devait présenter des excuses pour la canonisation de 120 martyrs de l’Eglise en Chine avant que des relations diplomatiques soient établies entre Pékin et le Saint- Siège. Outre les deux traditionnelles conditions que la Chine met à la normalisation de ses relations avec le Vatican (rupture des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taiwan et non-ingérence du Vatican dans les affaires religieuses intérieures de la Chine), le ministre a déclaré que «les canonisations ont sérieusement outragé le peuple chinois et nous demandons des excuses».
Selon l’agence «Eglises d’Asie», la déclaration du ministre chinois des Affaires étrangères ne constitue pas véritablement une nouveauté. Dès le lendemain du discours prononcé à Rome le 24 octobre où Jean Paul II demandait pardon au nom de l’Eglise catholique pour les erreurs commises par certains de ses membres, un porte-parole du même ministère qualifiait le discours de Jean Paul II de «geste positif mais insuffisant car la demande de pardon n’incluait pas les canonisations du 1er octobre 2000.»
Pas de normalisation possible avant la fin 2002
Selon certains observateurs de l’Eglise en Chine, cette troisième et nouvelle condition mise par la Chine à la normalisation de ses relations avec le Saint-Siège s’apparente à une man?uvre dilatoire. S?ur Béatrice Leung Kit-fun, professeur à l’Université Lingnan de Hongkong, estime ainsi que «si la Chine demande des excuses, elle devrait le faire auprès des puissances coloniales qui ont l’ont directement envahie». Mais, ajoute-t- elle, «la Chine ne dit rien à propos de ces anciennes puissances coloniales qui sont devenues aujourd’hui ses partenaires commerciaux. A la place, elle demande des excuses à l’Eglise catholique».
De l’avis des observateurs, il est peu probable que des changements majeurs interviennent à propos de la normalisation des relations entre la Chine populaire et le Vatican avant la fin de l’année prochaine. A l’automne 2002, en effet, le Parti communiste chinois se réunira en congrès et, à cette occasion, sa direction actuelle et celle du gouvernement doivent céder la place à une nouvelle génération de dirigeants. Les man?uvres internes au parti qui précèdent ce genre d’événement ne sont habituellement pas propices à des innovations importantes et visibles de l’extérieur. (apic/eda/mk)




