Pékin veut garder le contrôle sur l’Eglise
Chine: Le parti communiste maintient son attirail répressif contre l’Eglise catholique
Rome/Pékin,
(APIC) Le parti communiste chinois n’a aucunement l’intention de relâcher le contrôle de l’Etat sur les catholiques du pays. C’est ce qui ressort d’un document secret émanant du Secrétariat du Comité central et rédigé en vue de la reprise des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Pékin. Ce texte examine les moyens de renforcer la mainmise sur l’Eglise catholique. Il prévoit l’élimination définitive de l’Eglise clandestine si celle-ci refuse de se «convertir» pour rejoindre les rangs de l’Association patriotique catholique.
Le document de 16 pages divulgué par l’agence d’information missionnaire romaine «Fides» daté du 16 août dernier s’intitule «Propositions pour renforcer le travail sur l’Eglise catholique à la lumière des nouveaux développements.» Les nouveaux développements désignent l’éventualité de la reprise de relations diplomatiques entre le Vatican et la Chine. Toute la réflexion s’articule autour du principe de base qui veut que le Vatican ne s’immisce pas dans les affaires internes de la Chine sous prétexte d’intérêts religieux. Pékin semble craindre que le Saint-Siège n’en profite pour remettre en cause l’indépendance, la souveraineté et l’autonomie de l’Eglise chinoise et pour exercer son pouvoir sur les catholiques chinois.
Pour éviter le «déséquilibre» qui pourrait résulter de la normalisation des relations, le parti communiste envisage une série de mesures. Il prévoit de construire et de renforcer les structures de l’Eglise patriotique; de contrôler l’éducation pour éviter l’influence de l’Eglise clandestine; de prendre des mesures de sécurité et d’assurer le contrôle du parti et du gouvernement sur la direction de l’Eglise.
Il s’agit ensuite de gagner la majorité des membres de l’Eglise clandestine pour les faire rejoindre l’Eglise officielle. Il faut empêcher en tout cas qu’un noyau dur puisse reprendre de l’influence. Les prêtres ou les évêques qui sortent de la clandestinité doivent être envoyés dans d’autres régions et les plus âgés placés en maisons de retraite. Les responsables d’Eglise qui rejoignent l’Association patriotique doivent subir une rééducation d’un an. Ceux qui refusent ne peuvent exercer aucune activité religieuse.
Autre élément de contrôle : l’interdiction de construire des lieux de cultes pour des communautés non-reconnues et la destruction des églises édifiées illégalement. De même toute manifestation de masse doit être interdite et réprimée.
Ce texte confirme en fait que la question de Taïwan, systématiquement mise en avant par les autorités de Pékin lorsqu’il est question des relations avec le Vatican, n’est pas l’unique ni même le principal objet du dossier. (apic/fides/mp)




