Chine: Le président de l’Association patriotique n’est plus celui de la Conférence épiscopale

Un signe d’ouverture positif de l’Eglise «officielle»

Rome, 29 janvier 1998 (APIC) Le Congrès national de l’Association patriotique des catholiques chinois (l’Eglise «officielle») a pour la première fois élu deux personnes différentes à la présidence de la Conférence des évêques et à la présidence de l’Association patriotique. Un signe positif, estime l’agence missionnaire du Vatican Fides.

Réuni à Pékin du 20 au 27 janvier, le Congrès a élu ses nouveaux dirigeants, appelés à guider l’Eglise catholique officielle (reconnue par le gouvernement) pour ces cinq prochaines années. Pour la première fois, le président de la Conférence des Evêques Chinois (non reconnue par Rome) n’est plus le chef de l’Association patriotique, et c’est un «élément positif» commente l’agence Fides, organe de la Congrégation romaine pour l’Evangélisation des peuples. Le nouveau président de la Conférence épiscopale est Mgr Liu Yuanrenn évêque de Nankin. Agé de 74 ans, ce prélat nommé par le gouvernement n’en est pas moins «un homme de foi et qui a souffert pour elle», précise Fides, qui rappelle qu’il a été interné dans un camp de «réforme par le travail» pendant 20 ans (1959-1979). L’émergence de cette personnalité constitue pour l’agence un élément nouveau et «positif» pour les relations avec Rome.

Le secrétaire de la Conférence est un jeune prêtre de Xinghai, le Père Ma Yinglin, ses trois vice-présidents les évêques de Tangshan (Hebei), Mgr Liu Jinghe, de Xian (Shaanxi), Mgr Antoine Li Duan, et de Pékin, Mgr Michel Fu Tieshan. Ce dernier qui avait déjà été élu la veille président de l’Association patriotique.

Le secrétaire général et porte-parole de cette Association, en revanche, ne change pas: c’est toujours le laïc Antoine Liu Bainian, que Fides dit de «stricte observance gouvernementale»; responsable de l’Association durant de longues années, il s’est révélé en effet un partisan résolu de l’autonomie vis-à-vis de Rome.

250 catholiques participaient au congrès, dont 108 prêtres, 20 religieuses, 80 laïcs et 35 évêques, soit un peu moins de la moitié des évêques «officiels». Ce qui dénote «un certain recul» pris par les évêques par rapport à une structure contrôlée par le gouvernement, note Fides.

L’agence missionnaire pose une question de fond: celle de l’existence du «Congrès», fondé en 1992, qui se veut l’autorité suprême pour décider des orientations de l’Eglise catholique officielle. Il constitue, selon Fides, une sorte d’assemblée «démocratique» exposée «à toutes les pressions». Or, s’il fonctionne comme un organisme ayant une autorité supérieure à celle des évêques, ses décisions deviennent, du point de vue du droit canonique, «inacceptables», écrit l’agence. Il devient un instrument de division non seulement entre les catholiques chinois, mais aussi entre les catholiques de Chine et ceux de l’Eglise universelle. Mais si ce Congrès quinquennal fonctionne comme une assemblée consultative, il pourrait être un ferment d’unité, conclut Fides. (apic/imed/cip/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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