Libérations et arrestations se succèdent

Chine: les autorités de province soufflent le chaud et le froid (190694)

au sein du clergé catholique «clandestin»

Pékin, 19juin(APIC) Libérations et arrestations se succèdent dans les

provinces chinoises du Fujian et du Hebei, notamment, au sein du clergé

catholique «clandestin», rapporte «Eglises d’asie» (EdA). Un certain nombre

de prêtres ont été libérés dans ces régions où les communautés catholiques

«clandestines» sont relativement fortes et structurées, mais d’autres ont

été arrêtés. Parmi ces derniers figure un évêque.

Selon EdA, qui cite des sources en provenance de Taïwan, Mgr Jean-Baptiste Liang Xisheng, évêque «clandestin» de Kaifeng, dans la province du Henan, a été emmené par la police le 18 mars dernier. On est sans nouvelle de

lui depuis cette date.

D’autres sources, proches du cardinal Gong Pinmei, en exil aux Etats-Unis, citent l’arrestation de trois autres prêtres entre mars et avril dans

la province du Hebei. Le Père Li Jianjin a été battu et emmené par dix policiers le 4 mars, alors qu’il célébrait la messe chez lui à Handan. Le Père Lu Dongliang a pour sa part été arrêté le 2 avril avec onze catholiques

de Fengfeng, alors qu’il présidait la vigile pascale. Un autre prêtre du

nom de Yan Chongming a été emmené à la même époque par la police, mais on

ignore dans quelles circonstances.

Autorités plus tolérantes?

Arrestations pour les uns et libérations pour d’autres. Dans le Fujian,

selon des sources catholiques locales, le Père Guo Xijin et un séminariste

arrêtés à Fu’an en décembre 1993, ont été libérés en février. Ils avaient

été accusés d’avoir illégalement organisé des classes de formation pour 90

religieux. Trois autres séminaristes et le Père Miao avaient été libérés

quelques semaines auparavant. Selon les mêmes sources, il semble que dans

cette région du Fujian les autorités soient devenues plus tolérantes à

l’égard des communautés catholiques «clandestines» qui refusent de se faire

enregistrer officiellement.

L’évêque ordonné sans l’autorisation des Affaires religieuses, Mgr Xie

Shiguang, et son auxiliaire, Mgr Vincent Houang Shoucheng, vivent d’ailleurs à l’évêché de Luojiang et vaquent à leurs occupations sans être inquiétés. Dans le diocèse de Mindong, 70% des 60’000 catholiques appartiennent à l’Eglise «clandestine».

Dans la province du Hebei, affirment d’autres sources, le Père Xu Guoxin

de Langfang a été libéré en avril, huit mois avant la fin de sa peine de

trois ans à laquelle il avait été condamné en décembre 1991. Il habite avec

l’évêque «clandestin», Mgr Paul Song Weili, mais reste interdit de prédication. De même, le Père Wei Jingyi, secrétaire général de la Conférence

épiscopale «clandestine», arrêté en janvier 1994 pour activités illégales,

a été libéré au mois de mai. Le Père Wang Xiucheng, supérieur du séminaire

«clandestin» de Baoding, dans le Hebei également, a lui aussi été libéré

récemment.

Toujours dans la même province, l’agence gouvernementale «Chine Nouvelle» rapporte les libérations en mai dernier des Pères Cui Tai et Zhang Li,

en même temps que trois autres chrétiens protestants avant la fin de leur

peine. Accusés d’avoir «troublé l’ordre social et menacé la sécurité publique au moyen de la religion», ils avaient été condamnés à un an de rééducation par le travail pour l’un et à trois ans pour l’autre. (apic/eda/pr)

19 juin 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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