Plus au nom du communisme, mais en celui du capitalisme

Chine: Les chrétiens écartés des villes par la vente des églises

Hong Kong, 31 mai 1999 (APIC) Des centaines de chrétiens protestants se sont heurtés le 23 mai à la police à Xian, pour empêcher la vente de leur propre église, une des plus anciennes et des plus grandes de l’ancienne capitale impériale.

D’après le Centre pour les droits de l’homme, et le Mouvement démocratique en Chine, dont le siège est à Hong Kong, 5’000 chrétiens environ ont occupé l’église, en brandissant des banderoles et en criant des revendications pour leur église. La police a démenti ces incidents. Un employé de l’Association patriotique des protestants a admis en revanche que les occupants était seulement “un petit groupe”. Selon lui, la diatribe sur la vente de l’église se poursuit depuis près d’un an. Cette manifestation, dit-il, n’est qu’une excuse pour poursuivre des activités illégales et jouer avec les sentiments des fidèles… “Nous sommes croyants, a-t-il ajouté, mais nous ne sommes pas indépendants. Nous vivons dans une société socialiste. Nous voulons tous la stabilité >>.

Dans la crainte que la manifestation ne dégénère, la police a dispersé les rassemblements le même dimanche, dans l’après-midi.

L’Association patriotique protestante, appelée aussi des «Trois Autonomies», a vendu l’église à une entreprise privée de construction. L’argent a été utilisé pour acheter un terrain et pour y construire une nouvelle église à la périphérie de Xian. Les 10’000 protestants de la ville trouvent qu’il n’est pas facile du tout pour se rendre là où se trouve la nouvelle église.

Ce qui s’est passé à Xian s’est passé aussi dans d’autres régions de Chine, comme à Shanghai, Chengdu, Pékin. Depuis plusieurs années, les gouvernements locaux ont lancé de nouveaux plans régulateurs des villes, qui imposent une utilisation plus commerciale des régions urbaines. Ils demandent aux évêques et aux prêtres de déplacer les églises dans des endroits plus périphériques, en vendant le terrain, et en condamnant de fait les églises et les chrétiens à être mis à l’écart.

Des revenus à tout prix

L’autre porte de sortie est de transformer les églises et les bâtiments religieux en sources de revenus. Dans plusieurs diocèses du Sichuan, par exemple, les églises, pour pouvoir subvenir à leurs propres besoins, ont été englobées avec de petits hôtels, des cabinets médicaux, de petites industries d’artisanat ou de conserves. Cela charge les prêtres, les évêques et les fidèles de préoccupations économiques qui, de fait, les détournent de l’évangélisation. D’après plusieurs prêtres du Sichuan, cette technique des «plans régulateurs» est une nouvelle méthode de persécution ou de mise à l’écart des religions par rapport à la vie sociale: cette fois, non pas au nom de l’idéologie communiste, mais au nom du nouveau credo capitaliste.

A Pékin, on a utilisé une autre méthode: tout le quartier qui se trouve autour de la vieille cathédrale du Saint-Sauveur a été anéanti pour laisser la place à des gratte-ciel qui abriteront des centres commerciaux, et un petit nombre d’appartements riches. Les anciens du quartier autour de la cathédrale, en majorité des catholiques depuis des générations, sont contraints de s’en aller dans la périphérie nord, au-delà de Haidian. De cette manière, déclare un jeune catholique, la cathédrale du Saint-Sauveur perd ses fidèles et devient un monument pour touristes, alors que les fidèles perdent leur église. (apic/fides/pr)

31 mai 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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