Pékin élude le problème

Chine: Les survivants du séisme du Sichuan tentés par le suicide

Pékin, 12 mai 2009 (Apic) Selon des psychologues chinois, entre 3 et 5 % des survivants du séisme qui a frappé le Sichuan il y a an souffrent de syndromes post-traumatiques. Sur ces 360’000 à 600’000 personnes, environ un dixième d’entre elles présentent des tendances suicidaires marquées.

Les psychologues craignent que, le 12 mai ou dans les jours qui suivent la date anniversaire du séisme, certaines d’entre elles passent à l’acte, comme cela a déjà été constaté lors de fêtes traditionnelles chinoises liées à la famille, indique Eglises d’Asie.

A Beichuan, l’une des localités les plus touchées par le séisme du 12 mai 2008, des équipes de bénévoles catholiques, dont des religieuses formées à cette fin, tentent d’apporter une aide psychologique aux survivants.

Un an après le séisme, qui fait près de 87’000 morts et disparus – dont un nombre important d’enfants, pris au piège dans des écoles mal construites (la secousse s’est produite peu avant 14h30, à une heure où les enfants étaient en classe) -, une partie des survivants vit toujours dans des préfabriqués et certains sont sans emploi. Les cicatrices laissées par le tremblement de terre sont toujours à vif, comme l’explique le P. Paul Han Qingping, directeur adjoint de l’organisation caritative catholique Jinde.

Basée à Shijiazhuang, dans le Hebei, Jinde avait dépêché sur les lieux du séisme une équipe de religieuses spécialisées dans l’aide médicale dès le 16 mai 2008. Cette équipe avait rejoint les considérables secours nationaux et internationaux alors mobilisés.

En Chine, le premier anniversaire du tremblement de terre est un sujet sensible. Pour tenter de couper court aux critiques, le gouvernement a publié, le 7 mai dernier, un premier bilan officiel du nombre d’élèves tués dans le séisme : 5 335 enfants ; aucun nom, aucun détail n’accompagnaient cette liste.

Les autorités ont indiqué qu’il n’y avait aucune raison de continuer à enquêter sur les raisons de l’écroulement des écoles, qui, en certains lieux, sont quasiment les seuls bâtiments à s’être effondrés. Les parents des victimes et des militants qui souhaitent que la lumière soit faite sur les responsabilités des fonctionnaires locaux et des entrepreneurs chargés de ces constructions, sont harcelés par la police. Par ailleurs, un an après le séisme, la région connaît un regain très notable de la natalité, le gouvernement ayant autorisé les familles ayant perdu un enfant à en avoir un autre. (apic/eda/pr)

12 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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