Le sort de 300 écoles en question

Chine: Mgr Zen dénonce l’offensive du gouvernement contre les écoles catholiques

Pékin/Rome, 22 septembre 2003 Apic) Mgr Joseph Zen, évêque de Hong Kong, a lancé vendredi dernier à Milan une mise en garde à la Chine, si celle-ci ne revoit pas sa stratégie pour la région de Hong Kong. «La société civile est très active à Hong Kong, a-t-il martelé, et cela finira par «se transmettre» à la Chine continentale. Mgr Zen dénonce en particulier l’offensive du gouvernement contre les écoles catholiques à Hong Kong.

Selon l’évêque de Hong Kong, le gouvernement de Pékin en est conscient et tente par tous les moyens de l’empêcher. «Ce n’est pas par hasard que toutes les nouvelles relatives aux mobilisations contre l’article 23 ont été censurées. Même le site de l’Eglise catholique a été censuré».

L’article 23 de la loi fondamentale signifie un contrôle plus grand sur les activités politiques des citoyens, sur la liberté de presse, de parole et d’association. Actuellement, le problème des écoles catholiques occupe le devant de la scène à Hong Kong.

«Ces jours-ci, je m’efforce d’empêcher que l’on impose une loi qui, en fait, nous priverait de la gestion des écoles catholiques. Actuellement, nous en avons 300 à Hong Kong. Elles sont fréquentées par 25% des étudiants. Il s’agit d’un patrimoine important au point de vue éducatif et culturel, dans lequel les missionnaires qui nous ont précédés ont investi, et que nous devons absolument sauvegarder».

Mgr Zen est présent à Milan dans le cadre des célébrations inaugurées par l’Institut Pontifical des missions étrangères (PIME) pour le centenaire de présence en Chine.

Entre critiques et espoirs

Dans une interview accordée le 20 septembre sur les ondes de Radio Vatican, Mgr Zen a encore déploré que la situation de l’Eglise catholique en Chine populaire ne s’améliorait pas. Il a cependant jugé que les nouveaux leaders du gouvernement de la Chine «disent des choses sensées et que ce qu’ils font semble le début de quelque chose de nouveau», a-t-il tempéré, avant d’ajouter: «Il faut leur donner un peu de temps. Certainement, à Hong Kong, beaucoup de personnes sont confiantes et espèrent que les nouveaux leaders seront meilleurs» Tout en notant que «la Chine est désormais assez ouverte en ce qui concerne le commerce et le tourisme», Mgr Zen a souligné combien «peu de personnes connaissent réellement la situation de la politique religieuse qui n’a pas changé fondamentalement ces dernières années. Elle est encore très négative et très restrictive». Les communistes, a-t-il dit, ne «tolèrent pas» que l’Eglise catholique à Hong-Kong soit sujette du pape «parce qu’ils veulent tout contrôler». «Tant de problèmes sont arrivés après le retour des communistes », a-t-il ajouté, « alors que Hong Kong était mûre pour la démocratie».

Pour le prélat chinois, «le gouvernement devient arrogant et n’écoute plus personne», il cherche «à manoeuvrer et à manipuler les personnes». Mgr Zen a émis le souhait que «les nouveaux leaders de Pékin, lorsqu’ils seront assurés de leurs positions, puissent corriger quelque chose à Hong Kong».

Ambiguïté

De son côté, le dernier numéro d’»Inforchina», la revue des jésuites espagnols, consacre à la Chine une analyse préoccupante, en faisant remarquer que l’Eglise se trouve dans une situation «ambiguë» et «peu définie», à cause de la politique persistante du gouvernement, qui a imposé son contrôle.

L’ambiguïté, fait-t-on remarquer, naît du fait que les évêques nommés par le gouvernement ont été effectivement reconnus par le Vatican et vivent donc une situation de double fidélité. «Inforchina» estime, de façon encore plus explicite, que «la grande majorité des évêques «officiels», bien qu’ils aient été expulsés de l’Association patriotique, ont déjà été reconnus comme tels à Rome». Selon les sources, l’Eglise «clandestine», fidèle au Vatican, représenterait la moitié des catholiques du pays.

Point de vue partagé

La revue des jésuites espagnols rejoint ainsi les propos lancés récemment par Mgr Joseph Han Zhihai, évêque «clandestin» de Lanzhou, diocèse catholique situé dans la province du Gansu, qui exprimait en termes très clairs son désir de voir les deux parties de l’Eglise catholique en Chine, «clandestine» et «officielle» – proche du pouvoir -, enfin unies. Il déplorait également l’ambiguïté des évêques «clandestins» à la fois reconnus par le pouvoir et par Rome. (apic/vd/sda/imedia/pr)

22 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!