Remous attendus au Vatican
Chine: Nouvelle ordination épiscopale sans l’accord du Vatican
Pékin, 30 novembre 2006 (Apic) Comme prévu et annoncé, la Chine a consacré jeudi un nouvel évêque sans l’aval du Vatican. Il s’agit de la quatrième depuis le début de l’année. La Chine prenant ainsi le risque d’une nouvelle rupture des pourparlers – déjà fragiles – avec le Saint-Siège.
L’ordination de Wang Renlei, âgé de 36 ans, s’est déroulée à Xuzhou dans la province du Jiangsu (est), comme l’avait annoncé l’Eglise officielle chinoise, en début de semaine. Le Vatican a déjà critiqué ce qu’il considère comme un nouveau manque de respect à l’égard de l’Eglise catholique. «Quel est l’intérêt du gouvernement chinois en faisant un tel geste qui offense le pape et l’Eglise?», a déclaré mercredi une source anonyme au Vatican à l’agence catholique AsiaNews, basée à Rome.
L’ordination au printemps de trois évêques chinois sans l’aval du Saint-Siège avait conduit le pape Benoît XVI à dénoncer une «grave violation de la liberté religieuse», malgré des discussions en cours entre Pékin et le Vatican visant à une normalisation des relations bilatérales rompues au début des années 1950.
Malgré les vives tensions provoquées ce printemps par l’ordination de trois évêques par l’Eglise officielle chinoise, sans la consultation préalable du Saint-Siège, on assiste à une certaine normalisation diplomatique entre l’Eglise et Pékin, estimait cet été le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hongkong.
D’après Asianews, c’est Mgr Qian Yurong, évêque de Suzhou et favorable aux autorités de Pékin, qui a présidé la cérémonie d’ordination jeudi 30 novembre. A la différence de la majorité des évêques de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), qui contrôle l’Eglise dite «officielle», Mgr Quian n’est pas en union avec le pape.
Frictions
Selon les informations disponibles, le nouvel évêque est l’ancien vicaire général du diocèse de Suzhou, Wang Renlei. Les huit prêtres du diocèse avaient préféré une autre personne pour être choisie comme évêque, mais ils n’ont pu obtenir gain de cause auprès du Bureau des affaires religieuses, un organisme de l’Etat. Selon Anthony Liu Bainian, vice-président de l’APCC, Wang Renlei a été nommé évêque de Xuzhou lors d’un processus qualifié de «légal et valide».
Rappelons qu’il n’y a pas de relations diplomatiques entre le Vatican et la République populaire de Chine depuis les années 1950. Un des points de friction reste la nomination des évêques, contrôlée par le gouvernement de Pékin, et le maintien des relations diplomatiques du Vatican avec Taiwan. Pékin considère l’île nationaliste comme partie intégrante de son territoire. Dans la réalité, selon les régions, les relations entre l’Eglise dite «clandestine» ou «souterraine» et l’Eglise dite «officielle», s’améliorent et les frontières entre les quelque 13 millions de catholiques chinois s’estompent petit à petit. (apic/asian/kna/be/agpr)



