Ils dénonçaient la répression contre leurs coreligionnaires

Chine: Procès pour trois chrétiens accusés

Pékin, 18 mars 2004 (Apic) Un procès est en cours contre trois responsables d’églises «clandestines» chinoises, accusés d’avoir divulgué les mesures de répression touchant les chrétiens. Ils risquent 10 ans de prison. Malgré l’amendement voté par le parlement chinois sur les droits humains et la liberté de religion.

Liu Fenggang, Xu Yonghai et Zhang Shengqi ont été accusés devant un tribunal, mardi à la Cour intermédiaire du Peuple de Hangzhou, dans la province de Zhejiang, à l’est du pays. C’est ce que rapporte l’organisation américaine de protection des droits de l’homme, «Human Rights in China» (HRIC), ainsi que la femme de l’un des accusés

Officiellement accusés d’avoir divulgué des secrets d’Etat, les trois chrétiens ont été traînés en procès pour avoir fourni des renseignements à des organisations à l’extérieur de la Chine».

Les hommes avaient divulgué dans un rapport la volonté du gouvernement d’éradiquer le christianisme dans la ville de Hangzhou, où plus d’une douzaine d’églises ont été détruites et au moins 300 chrétiens ont été arrêtés, certains ayant été physiquement molestés.

La Cour n’a pas encore annoncé le verdict mais les accusés risquent une peine d’emprisonnement de 10 ans, selon l’organisation des droits de l’homme HRIC. «Mon mari n’est pas coupable», a déclaré à l’agence France Presse par téléphone la femme de l’un des accusés, Li Shanna, alors qu’elle allait prendre le train pour retourner chez elle à Pékin, après être en vain venue au tribunal de Hangzhou, sous escorte policière, où elle n’a d’ailleurs pu assister au procès.

Les proches écartés et mis de force dans le train du retour

Avec des membres des familles des autres accusés, Li Shanna a été tenue à l’écart des débats, derrière une porte close du tribunal. Les proches de Zhang Shengqi ont été également jetés dans un véhicule et mis de force dans un train en direction de leur domicile, dans la province de Shandong, à l’est du pays. «Ce procès touche à la sécurité d’Etat; nous ne pouvons parler à la presse», a déclaré le porte-parole du tribunal.

Les trois hommes ont été arrêtés à cause d’un rapport de Liu, transmis à des organisations des droits de l’homme à l’étranger, touchant des événements qui se sont passés en juillet dernier à Hangzhou, dans le district de Xiaoshan, où il s’était rendu, de Pékin où il est domicilié. Xu l’a aidé pour l’impression du rapport et Zhang l’a répercuté sur Internet.

Liu a été arrêté par la police lorsqu’il est revenu à Hangzhou en octobre 2003 pour continuer ses investigations et détenu Les deux autres hommes ont été arrêtés peu après.

Le procès à lieu alors que l’assemblée nationale chinoise a approuvé le 12 mars dernier une décision du parti communiste proposant un amendement à la Constitution, incluant la mention de protection des droits humains. Le gouvernement chinois a salué ce pas en avant mais les pays occidentaux ont prié instamment Pékin de le rendre effectif et non seulement de l’inscrire.

Il y a quelques jours a été libéré l’évêque «clandestin» du diocèse de Qiqihar, Mgr Wei Jingyi, arrêté le 5 mars dernier, ce qui avait suscité une vive réaction du Saint-Siège. Sa libération, 14 mars, avait été interprétée par les observateurs comme la mise en application de la décision de l’Assemblée nationale chinoise sur la question des droits de l’homme et de la liberté de religieuse. Il avait pourtant fallu que le Vatican prenne Pékin au mot en demandant des comptes à la Chine comme à n’importe quel Etat de droit membre de la communauté internationale. (apic/bbcnews/vb)

18 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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