Chrétiens et musulmans fêtent ensemble l'Annonciation, jour férié au Liban

Le 25 mars est férié au Liban à l’occasion de la fête de l’Annonciation, car pour beaucoup, il n’y a que Marie qui puisse rassembler chrétiens et musulmans. La journée du 25 mars a été désignée par le gouvernement libanais, en 2010, comme fête nationale pour célébrer la convivialité entre chrétiens et musulmans. Depuis cette date, cette fête est chômée officiellement.

Depuis une bonne dizaine d’années, on assiste au Liban à une nouvelle culture mariale qui fédère chrétiens et musulmans autour de la figure de Marie. Cet événement contribue à abattre les barrières entre les communautés. C’est en février 2010 que le Premier ministre libanais Saad Hariri décrète le 25 mars «Journée nationale pour le dialogue islamo-chrétien», qui devient dès lors fériée au Liban.

Un Centre international pour le dialogue des religions

Nagy el-Khoury, actuel conseiller du président de la République libanaise pour le dialogue islamo-chrétien, a été mandaté par le chef de l’Etat pour faire du Liban un Centre international pour le dialogue des religions. Il travaille avec les dizaines d’associations locales œuvrant pour le dialogue afin de préparer ce projet commun, qui sera complété par un projet d’Académie pour le dialogue entre les hommes, sur laquelle travaille actuellement le ministre d’Etat pour les Affaires de la présidence, Salim Jreissati, rapporte le 25 mars 2019 le quotidien francophone L’Orient-Le Jour.

Pour Nagy el-Khoury, le choix du Liban pour de telles initiatives n’est pas anodin : «Il s’agit d’un des seuls pays où l’on trouve une réelle mixité, il ne s’agit pas d’un pays musulman où vivent des chrétiens ou vice-versa. Malgré les crises et les problèmes, chrétiens et musulmans vivent naturellement ensemble».

Dans le Coran, l’annonce par Gabriel de la maternité de Marie

Le 25 mars est pour les chrétiens la fête de l’annonce faite à la Vierge Marie par l’ange Gabriel de la conception divine de Jésus, «fils de Dieu», selon les textes bibliques. Dans le Coran, l’annonce par Gabriel de la maternité de Marie, non pas du fils de Dieu mais d’un prophète appelé Issa, est mentionnée dans deux sourates différentes: la troisième sourate, al-Omran (la famille d’Omran) et la dix-neuvième, la sourate de Marie (Mariam, en arabe).

La figure de Marie apparaît, elle, plus d’une trentaine de fois dans le Coran, c’est à dire plus que la mère, les épouses ou la fille du prophète Mohammed. A ce titre, et en tant que mère d’un prophète, elle bénéficie d’une reconnaissance particulière parmi les musulmans.

C’est ainsi que de nombreux visiteurs musulmans se rendent au sanctuaire de Notre-Dame de Harissa, sur la colline surplombant la baie de Jounieh, à une vingtaine de kilomètres au nord de Beyrouth.

La mise en place de cette fête nationale a comme but déclaré de trouver dans la dévotion à la Vierge Marie, partagée avec les musulmans, un point de convergence entre les diverses communautés religieuses du pays. (cath.ch/orj/be)

De nombreux musulmans se rendent à Notre-Dame du Liban, à Harissa
25 mars 2019 | 17:03
par Jacques Berset
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