Bulgarie: Nid d’ex-espions communistes chez les évêques orthodoxes
Chrétiens, mais collabos
Sofia, 18 janvier 2012 (Apic) La majorité des plus hauts prélats de l’Eglise orthodoxe bulgare ont travaillé pour la police politique communiste, a révélé, le 17 janvier 2012, une commission chargée d’ouvrir les archives des services secrets depuis 2007.
Selon une liste rendue publique par cette commission, 11 des 15 métropolites orthodoxes actuels ont travaillé pour le département de «lutte contre la diversion idéologique». Aujourd’hui, plus de 80% des Bulgares appartiennent à l’Eglise orthodoxe. A l’époque, l’athéisme était imposé par le régime communiste. Les croyants pouvaient toujours fréquenter les Eglises, au risque d’être surveillés et de rencontrer des problèmes à cause de leur foi, notamment dans leur carrière professionnelle.
Depuis 2007, la commission ouvre régulièrement les dossiers des services secrets communistes. Son rôle est de vérifier l’appartenance aux services d’espionnage et de contre-espionnage des hommes politiques, des diplomates, des journalistes et d’autres personnalités.
Les révélations de la commission ne risquent pas d’entraîner des conséquences judiciaires pour les personnes citées. Selon AFP, elles pourraient cependant ranimer les rivalités au sein de l’Eglise orthodoxe, notamment pour la succession de l’actuel primat, le patriarche Maxim, âgé de 97 ans et nommé en 1971 en pleine période communiste. Au début des années 1990, le haut prélat s’était fermement opposé à une vague réformatrice, dans le cadre de la transition vers la démocratie. (apic/afp/nd)



