Etats-Unis: La cathédrale épiscopalienne de Washington accueille un sommet islamo-chrétien
Chrétiens, sunnites et chiites en dialogue
New York, 2 mars 2010 (Apic) La cathédrale nationale de Washington accueille durant trois jours un sommet de leaders chrétiens et musulmans qui vise à promouvoir la bonne entente et la réconciliation entre les deux traditions. Le point d’orgue de l’événement sera un débat public organisé le 3 mars.
Le sommet a débuté le 1er mars et, selon les organisateurs, il s’agit du premier d’une série de quatre discussions interreligieuses sur la réconciliation prévus entre des représentants des traditions musulmanes chiite et sunnite et des membres des Eglises catholique romaine et épiscopalienne (anglicane). C’est David Ignatus, journaliste et rédacteur en chef adjoint du «Washington Post», qui préside le sommet.
«Alors que la communauté mondiale continue de se diviser selon les clivages religieux et culturels, la cathédrale nationale de Washington se sent de plus en plus appelée à jouer un rôle majeur dans les relations entre chrétiens et musulmans dans le monde, profitant de sa position unique – en tant qu’autorité habilitée à rassembler – pour faciliter la tenue d’un dialogue de ce type», écrit la cathédrale nationale épiscopalienne sur son site internet www.nationalcathedral.org.
Critiques du camp conservateur
Néanmoins, l’Institut sur la religion et la démocratie (IRD) basé à Washington – une organisation conservatrice qui soutenait la guerre que menaient les Etats-Unis en Amérique centrale pendant les années Reagan et souvent critique vis-à-vis des positions «libérales» prises par les organisations œcuméniques – , a critiqué le fait que le sommet pouvait conduire à «une conciliation avec les islamistes».
L’un des responsables musulmans invité au sommet, l’ayatollah Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad Ahmadabadi, est professeur de droit à l’Université Shahid Beheshti de Téhéran. Mais empêché de venir à Washington, il a été remplacé par l’ayatollah Ahmad Iravani, président du Centre pour l’étude de l’islam et du Moyen-Orient et chercheur à la «Columbus School of Law» de Washington.
Critiquant le sommet, Faith J.H. McDonnell, directrice du «Département liberté religieuse» de l’IRD, a mentionné les violations des droits de la personne en Iran et en Egypte, pays d’origine de l’autre musulman présent à l’événement, Ahmad Mohamed El Tayeb, président de l’Université Al-Azhar du Caire.
«Les deux pays représentés par les délégués musulmans, l’Egypte et l’Iran, commettent de terribles violations des droits de la personne à l’encontre des chrétiens, des personnes ayant renoncé à l’islam, des défenseurs de la démocratie et de la liberté d’expression, des femmes et des homosexuels», a déclaré Faith McDonnell dans un communiqué publié à l’ouverture du sommet.
Le cardinal Tauran participe aux discussions
«Nous ignorons de quoi sera faite la ’discussion sincère’ au sommet islamo-chrétien, mais nous savons ce qui doit figurer à l’ordre du jour. Les efforts de paix seraient grandement favorisés si sunnites comme chiites dénonçaient le jihad mondial contre les infidèles, qui est responsable de la mort de millions de personnes dans le monde.»
«Dans de nombreuses discussions islamo-chrétiennes», ajoute le communiqué de l’IRD, «les chrétiens évitent tout sujet polémique mais ils ont une obligation morale envers les personnes opprimées par l’islam de parler de tout ce qui est polémique.»
Annonçant le sommet, la cathédrale nationale, liée à l’Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis, a déclaré que l’événement encouragerait «les leaders religieux à user de leur influence auprès des dirigeants politiques et de l’opinion publique pour promouvoir – et influencer positivement – les efforts de paix et de réconciliation à travers le monde.» Les délégués chrétiens au sommet sont le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, au Vatican, et l’évêque John Bryson Chane, du diocèse épiscopal de Washington. (apic/eni/be)



