Vatican

Chris Gastmans: «L'évolution des robots est inéluctable»

Chris Gastmans, membre de l»«Académie pontificale pour la vie, explique l»«importance d»«explorer la dimension éthique de l»«utilisation des robots. Il participera au Congrès scientifique sur la roboéthique, l’éthique appliquée à la robotique, les 25 et 26 février 2019 à la nouvelle salle du synode, à Rome.

Chris Gastmans est professeur d»«éthique médicale et de l’hétique des soins à l»«université de Louvain (Belgique). Le Belge, membre de l’Académie pontificale pour la vie, interviendra lors du colloque consacré à la roboéthique. Il coordonne le cours intensif d’éthique en soins infirmiers. Il est également éthicien au sein du comité d’éthique de projets financés par des fonds européens, ainsi que dans le comité d’éthique des hôpitaux universitaires de Louvain.

Pourquoi avez-vous été retenu parmi les participants à ce colloque?
Membre de l»«Académie pontificale pour la vie, je fais partie du groupe spécialisé sur la robotique et l»«éthique dont je suis le président. Dans ce cadre, nous avons développé ce programme pour ce symposium à venir. Je mène par ailleurs des recherches sur les robots dotés d»«intelligence sociale ainsi que sur leur utilisation auprès des personnes âgées.

Quel sujet allez-vous aborder au cours de ce symposium?
J»«aimerais apporter une vision générale sur l»«importance de mener une réflexion sur l»«utilisation des robots sociaux et assistants dans le soin aux personnes âgées. Pas seulement donc sur les raisons pour lesquelles il est important de se pencher sur le sujet, mais également les origines de cette question. Sans oublier le contexte social, bien entendu: le nombre croissant de naissances d»«une part, et de l»«autre le nombre décroissant de professionnels de la santé.

«Il est important que le Vatican apporte une vision critique à ce développement.»

Dans le domaine médical, les robots sont-ils l»«avenir de l»«homme?
Le vieillissement de la population marque un défi démocratique important et nécessite davantage d»«aides-soignants, dont nous manquerons sans doute dans les années à venir. Dans ce contexte sont explorées des alternatives et l»«une de ces options est effectivement l»«utilisation de robots. Il faut bien entendu explorer la dimension éthique de l»«utilisation de ces robots. Par principe, je ne suis ni pour ni contre les robots mais je reconnais leur évolution inéluctable. Les robots deviennent de plus en plus importants, notamment en chirurgie. Ces derniers n»«interviennent d»«ailleurs pas seulement dans le domaine de la santé ou du soin aux personnes âgées. Les robots sont utilisés dans bien d»«autres sphères de la société: dans les usines, les transports, l»«automatisme. Ils sont de plus en plus intégrés dans nos vies.

Y-a-t-il certains risques éthiques à cette évolution?
Quand on parle de robots, on ne se limite pas uniquement à ceux qui effectuent des tâches techniques mais également à ceux qui sont par exemple capables de communiquer avec les personnes âgées. Dans ce cadre, on peut considérer les robots comme un assistant de l»«infirmière, l»«aidant dans sa tâche, ou à l»«inverse comme son remplaçant. Les futures infirmières pourraient à ce titre être robotisées. D»«un autre point de vue, ils permettent de lutter contre l»«isolement social ou de diminuer les dépressions.

Le Vatican a-t-il des réponses à apporter à ces questions d»«éthique dans la robotique?
Il est important que le Vatican apporte une vision critique à ce développement. L»«éthique doit notamment aider à faire preuve de jugement sur les recherches afin de voir si ces progrès peuvent être utilisés sans heurter la dignité humaine. Et d»«empêcher dans le cas échéant les inconduites qui pourraient mettre en danger la dignité humaine. Voilà le rôle de l»«éthique, et cette tâche incombe également au Vatican. Si l»«utilisation des robots est éthique, cela aura aussi une influence sur notre manière de penser l»«être humain, l»«anthropologie. Il est important pour le Vatican de voir combien la mise en œuvre des robots dans les droits de l»«homme affecte nos présuppositions. Les robots ne sont pas uniquement des machines, même s»«ils ressemblent parfois à des êtres humains, sans en être. (cath.ch/imedia/pad/bh)

Chris Gastmans, membre de l'Académie de pontificale pour la vie, participera à la conférence sur la roboéthique. | © Aldring og helse
15 février 2019 | 16:26
par Bernard Hallet
Partagez!