L’évêque Athanassios accusé d’homosexualité
Chypre: L’Eglise grecque-orthodoxe divisée par une campagne contre l’évêque de Limassol
Nicosie, 15 novembre 2000 (APIC) Après des mois de divisions étalées dans le grand public, l’archevêque Chrysostomos, chef de l’Eglise grecque-orthodoxe de Chypre, a convoqué un Grand Synode à Nicosie. Il s’agit de mettre un terme à la campagne lancée contre l’évêque de Limassol, Mgr Athanassios, une personnalité ecclésiale charismatique et populaire auprès des jeunes, accusée d’homosexualité.
Des évêques grecs-orthodoxes venus de Grèce, d’Egypte et du Moyen-Orient sont arrivés en début de semaine à Nicosie pour prendre part à ce Grand Synode, l’un des rares de ce type depuis la fondation de l’Eglise de Chypre en l’an 45.
Alors que les fidèles sont choqués par ces déballages publics entre membres du clergé, plusieurs membres du Saint Synode de Chypre estiment que l’archevêque Chrysostomos, qui soutient l’évêque accusé, a violé les lois ecclésiastiques en convoquant le Grand Synode sans l’approbation de la hiérarchie locale. La constitution de l’Eglise chypriote demande que 13 évêques soient présents pour pouvoir réduire un autre évêque à l’état laïc. Les partisans de l’évêque Athanassios affirment que la campagne vise à l’empêcher d’être un jour candidat à la succession de l’archevêque de Chypre.
Des témoins soudoyés
Une commission de trois évêques, mise sur pied par le Saint Synode de l’Eglise de Chypre, a été chargée d’examiner les allégations lancées par certains secteurs de l’Eglise contre l’évêque Athanassios. Ce dernier, qui a vigoureusement rejeté les accusations, a refusé de témoigner devant la commission, arguant que deux de ses membres avaient un parti pris contre lui. L’enquête a encore été rendue plus difficile par le fait que deux témoins ont annoncé avoir été payés pour témoigner contre l’évêque de Limassol.
L’évêque Chrysostomos de Paphos, soupçonné d’être derrière la campagne visant l’évêque de Limassol, n’a pas respecté lundi le protocole de l’Eglise chypriote: il a boycotté la cérémonie en l’honneur de la fête du saint patron de l’archevêque, à la cathédrale St-Jean de Nicosie. Au lieu de se rendre à Nicosie, l’évêque Chrysostomos, opposé à la convocation du Grand Synode, a célébré un office à Paphos, flanqué de l’archimandrite Andreas Constantinides, désormais suspendu par le Saint Synode. C’est ce dernier qui a lancé les premières accusations d’homosexualité contre l’évêque de Limassol, et il est l’un des principaux témoins à charge contre l’évêque Athanassios.
L’évêque de Limassol victime d’un complot
Selon certains médias chypriotes, l’évêque de Limassol est victime d’un complot. Le journal «Politis» fait ainsi état d’une liste impressionnante de relevés d’appels téléphoniques prouvant «l’évidence d’une conspiration» contre le populaire évêque Athanassios. Ces appels proviennent d’un groupe d’évêques, de clercs et de laïcs qui veulent s’en débarrasser en l’accusant d’être un «gay», ce que ce dernier nie avec énergie. La question de l’homosexualité a été le sujet de vifs débats ces derniers mois au sein du Saint Synode de l’Eglise de Chypre, qui a suspendu pour un temps indéterminé l’archimandrite Andreas Constantinides, qui a lancé les accusations contre l’évêque Athanassios. L’évêque de Paphos a pour sa part rejeté les accusations de «conspiration», tandis que l’archimandrite Constantinides est accusé d’être le père de deux enfants illégitimes. (apic/bbc/cm/be)



