Pour exiger une meilleure protection des lieux de culte

Chypre: L’Eglise orthodoxe poursuit la Turquie en justice

Istanbul, 20 mars 2009 (Apic) L’Eglise orthodoxe de Chypre poursuit la Turquie devant la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir omis de protéger les lieux de culte dans la République turque du nord de Chypre, Etat autoproclamé qui n’est reconnu que par la Turquie.

«Nous comptons sur la communauté internationale pour tenter d’empêcher que nos églises et monastères historiques soient condamnés à la ruine», a déclaré le 18 mars l’évêque Porfyrios de Neapolis, représentant de l’Eglise auprès des institutions européennes à Bruxelles. «Il ne s’agit pas d’une question de politique, mais de préservation de monuments culturels, de manière à garantir les droits de la personne.»

L’île est divisée en une partie chypriote turque au nord et une partie chypriote grecque au sud depuis 1974, lorsque la Turquie a envahi le nord de l’île suite au bref coup d’Etat mené par des partisans chypriotes grecs d’une union avec la Grèce.

En janvier, au cours de négociations en vue d’une réunification de l’île, les leaders chypriotes turc et grec, Mehmet Ali Talat et Demetris Christofias, se sont mis d’accord pour mettre en place un conseil consultatif ayant pour objectif de préserver le patrimoine culturel de cette île de l’est de la Méditerranée.

L’archevêque Chrysostomos II, primat de l’Eglise de Chypre, avait déclaré que son Eglise était déçue par les tentatives actuelles de rapprochement et qu’elle s’efforcerait de récupérer les églises abandonnées ou transformées en mosquées.

«Les Turcs veulent éliminer tout ce qui est grec, tout ce qui est chrétien dans les zones occupées. Nous ne pouvons pas accepter cela», avait affirmé l’archevêque en janvier dans l’hebdomadaire anglophone Cyprus Weekly. «Nous contestons ainsi le fait que l’armée d’occupation nous empêche de réparer et de restaurer nos églises et qu’on nous prive du droit d’y pratiquer notre religion.»

Un communiqué publié sur le site web de l’Eglise, cité vendredi par l’Agence ENI, indique que 522 lieux de culte ont été détruits dans la partie turque de Chypre, qui occupe un tiers du territoire de l’île. Beaucoup ont été transformés en «étables, entrepôts, élevages de volailles, discothèques, bibliothèques, centres culturels, morgues, mosquées et camps militaires», peut-on y lire.

La Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg, a par le passé déjà reconnu la Turquie coupable d’avoir violé les droits de propriété des chypriotes grecs.

Pour l’évêque Porfyrios, «toute décision» sur la préservation des églises et des monastères nécessite l’approbation des autorités turques à Ankara. Il a affirmé que son Eglise cherchait à faire en sorte que le respect des droits des orthodoxes soit garanti comme condition à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. (apic/eni/pr)

20 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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