Belgique triste Noël pour 120 enfants turcs chrétiens =

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Bruxelles, 22 décembre 1994 (CIP)

Quelque 120 enfants chrétiens originaires de Turquie ne passeront pas un

joyeux Noël cette année, dans notre pays, où ils sont provisoirement trouvé

refuge: les autorités belges ont jusqúici refusé de les reconnaître comme

réfugiés, de sorte qúils ne peuvent recevoir de soutien financier du Centre

Public d’Aide Sociale (CPAS) et devront compter sur la solidarité d’autres

familles chrétiennes turques ou des services locaux d’aide aux réfugiés,

selon l’association «Droits de l’Homme sans frontières».

Au cours de cette année, une trentaine de familles chrétiennes originaires

du sud-est de la Turquie ont fui vers la Belgique. Elles se sont surtout

installés à Malines et à Anvers, où elles ont rejoint des compatriotes

arrivés précédemment.

Beaucoup viennent de Geznag ou de Hassane, un village qui a été détruit par

l’armée turque en novembre 1993. Avant que Hassane ne soit incendié et

bombardé par les militaires, ses 200 habitants avaient été expulsés «manu

militari». 60 d’entre eux, dont 40 enfants, vivent aujourd’hui à Anvers, et

70, dont 50 enfants, à Malines. Ceux qui ont gagné les Pays- Bas ou

l’Allemagne y ont obtenu facilement le droit d’asile; en Belgique, cela

leur a été refusé par le Commissariat Général aux Réfugiés, affirme «Droits

de l’Homme sans frontières», alors que, «dans les années antérieures, le

statut de réfugié avait pourtant été accordé à d’autres chrétiens du

sud-est de la Turquie, où la situation était, à l’époque, moins

dramatique».

Ces réfugiés sont arrivés en Belgique après un long et dangereux périple

dont les enfants ont particulièrement souffert, affirme l’association, qui

les a rencontrés à Anvers et à Malines. Un père de quatre enfants a lui

déclaré que son bébé de trois mois était mort. Une famille qui fuyait

Geznag a été attaquée et dépouillée par des islamistes; tous ont été battus

et, dans la bagarre, un enfant d’un an et demi a été tué. Leurs agresseurs,

ont-ils raconté, étaient «envoyés par l’agha local (un puissant seigneur

féodal) qui leur soutirait de l’argent depuis des années, les persécutait

et les traitait presque en esclaves».

Ilias Bektas, le bourgmestre de Hassane, qui habite aujourd’hui à Malines,

a confié à «Droits de l’Homme sans frontières» qúil était inquiet quant au

sort de cinq familles de son village en route vers la Belgique et dont on

est sans nouvelle depuis des semaines.

Sept familles de Geznag, où la vie des chrétiens est également devenue

intenable, ont atterri à Anvers et trois autres sont en route. Il ne reste

plus qúune seule famille sur place, de sorte que le village, autrefois

chrétien, est devenu entièrement musulman.

23 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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