En intégrant des lecteurs de langue francophone, La Civiltà Cattolica espère intégrer davantage d'autres cultures au sein même de la revue (Photo: Pierre Pistoletti)
International
En intégrant des lecteurs de langue francophone, La Civiltà Cattolica espère intégrer davantage d'autres cultures au sein même de la revue (Photo: Pierre Pistoletti)

La Civiltà Cattolica se décline désormais en français

22.12.2016 par Pierre Pistoletti

La revue jésuite La Civiltà Cattolica paraît désormais dans la langue de Molière. “La formule française sera celle d’un mensuel regroupant le meilleur de la revue qui paraît tous les quinze jours en langue italienne”, explique Antonio Spadaro en introduction du premier numéro, publié le 31 octobre 2016.

Son directeur évoque également l’ambition de cette publication jésuite fondée en 1850, que certains considèrent comme la revue “semi-officielle” du Saint-Siège: “La Civiltà Cattolica entend offrir depuis toujours à ses lecteurs le partage d’une expérience intellectuelle illuminée par la foi chrétienne et profondément ancrée dans la vie culturelle, sociale, économique, politique de notre époque”. Il explique également l’esprit qui sous-tend sa ligne rédactionnelle: “Il ne s’agit (…) jamais de choisir entre Dieu et le monde; mais plutôt toujours Dieu dans le monde”.

L’art du discernement jésuite

Une ligne de crête donc, plutôt qu’une vision manichéenne des choses. Ainsi, le pape François évoque, dans un entretien en petit comité jésuite, le risque encouru par certains programmes de formation sacerdotale “d’éduquer à la lumière d’idées trop claires et trop distinctes, et donc d’agir avec des limites et des critères définis de manière rigide a priori, et qui font abstraction des idées concrètes”.

“Il ne s’agit jamais de choisir entre Dieu et le monde; mais plutôt toujours Dieu dans le monde”

Toujours dans le même esprit, Antonio Spadaro affirme que “l’incapacité de saisir ce qu’est le discernement” fonde “certaines incompréhensions” concernant l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia. Dans un article intitulé Le défi du discernement dans “Amoris Laetitia”, le jésuite explique: “Discerner veut dire écouter la voix de l’Esprit et se confronter avec l’histoire, ses exigences, ses défis, surtout avec ce qui concerne les personnes singulières, leur vie concrète, allant au-delà des abstractions et des ‘cas'”.

Amoris Laetitia présente une “remarquable difficulté de lecture à ceux qui se tiennent en un contexte pastoral bloqué, précise-t-il encore, dans la seule division binaire en ‘état de grâce’ et ‘état de péché’. (…) mettre l’accent sur ‘l’état’ d’une personne ou d’une famille ou d’un mariage revient à établir les personnes en une position par définition statique. Disparaît alors le dynamisme du cheminement spirituel chrétien”.

Intégrer la culture francophone

En intégrant des lecteurs de langue francophone, La Civiltà Cattolica espère intégrer davantage d’autres cultures au sein même de la revue. “L’ouverture à la dimension internationale s’est beaucoup accentuée par rapport au passé, explique Antonio Spadaro. Une revue culturelle peut de moins en moins être identifiée à une nationalité particulière”.


La Civiltà Cattolica, Editions Parole et Silence, Paris, Les Plans sur Bex, 2016, 160 p.


Révolution et mort au menu de la revue 'choisir'

La révolution et la mort au menu de la revue 'choisir'

Jean-Blaise Fellay est responsable des programmes à Notre-Dame de la Route (Photo:Raphaël Zbinden)

Notre-Dame de la Route n'a pas perdu son chemin

Actualités ›