Genève: Caritas Genève ne veut pas des 100'000 francs de Japan Tobacco
Cohérence avec les objectifs et l’image de Caritas
Genève, 20 octobre 2014 (Apic) Il y a quelques mois, Caritas Genève a refusé une manne financière de 100’000 francs de Japan Tobacco International (JTI), dont le siège est dans le canton. Le comité de l’œuvre d’entraide catholique, très partagé, a finalement décliné l’offre, rapporte le 20 octobre 2014 le quotidien «Le Courrier». Le directeur Dominique Froidevaux explique ce refus par un souci de cohérence avec les objectifs et l’image de Caritas.
C’est la deuxième fois que Japan Tobbaco propose spontanément de l’argent, plus de 100’000 francs annuels. Le financement aurait été assuré pour plusieurs années, sans exigence de finalité, a expliqué Dominique Froidevaux. Le comité, formé d’une vingtaine de personnes, a finalement refusé, mais de justesse, puisque c’est la voix du président qui a fait pencher la balance.
«L’industrie du tabac est réputée pour être à l’exact opposé de l’action de Caritas. Alors que nous luttons contre la pauvreté et ses racines, nos partenaires au Sud témoignent des rémunérations très basses que peut y pratiquer cette industrie, marchande de mort et de misère. Sans compter qu’il y a aussi des enfants exploités pour cultiver le tabac !», relève Dominique Froidevaux.
En outre les marchands de tabac profitant de la faiblesse des Etats du Sud cherchent à conquérir ces marchés sans entraves. Les jeunes sont une cible de premier choix, via la publicité. Enfin, l’industrie du tabac a tellement falsifié de recherches qu’elle n’apparaît pas comme un partenaire fiable.
Dégâts d’image
Quant au risque de dégât d’image, Dominique Froidevaux rappelle qu’en 2013, le Musée international de la Croix-Rouge a décidé de rendre à JTI les 150’000 francs reçus pour rénover le musée, après une grosse pression des milieux antitabac. Le risque est grand pour une oeuvre sociale d’entamer son capital image en l’associant à une industrie controversée et, au final, de perdre d’autres donateurs.
Le directeur de Caritas Genève dénonce aussi les avantages fiscaux dont bénéficient les multinationales, sachant qu’elles sont installées à Genève pour y pratiquer l’optimisation fiscale. (apic/cr/mp)



