Des mesures urgentes d’assainissement nécessaires
Coire: La cathédrale expropriée par la Confédération? (190594)
Coire, 19mai(APIC) La cathédrale de Coire sera-t-elle expropriée par la
Confédération si sa dégradation persistante n’est pas stoppée? Telle est la
question que se posent les amateurs d’art de Suisse en apprenant le peu
d’empressement du chapitre cathédral à participer au financement des mesures d’assainissement urgentes.
La première de ces mesures devisé à 240’000 francs est le remplacement
du chauffage à air chaud coupable selon les spécialistes de la dégradation
des précieuses statues de bois du maître-autel et de la molasse du tabernacle. D’autres dommages ont été constaté dans le mur qui jouxte le cimetière
des chanoines qui est très humide.
Un assainissement de ce mur exige la destruction des tombes ou au moins
le déplacement des restes mortels des chanoines enterrés à cet endroit. Une
question délicate dont la solution exigera beaucoup de tact puisqu’on vient
d’enterrer à cet endroit Mgr Johannes Vonderach, ancien évêque de Coire.
La question des travaux est encore rendue plus complexe car le chapitre
n’est pas la seule instance intéressée. La collectivité ecclésiastique de
Coire, fondée en 1992, est également co-propriétaire de la cathédrale puisque l’édifice sert également d’église paroissiale. Elle est disposée à assumer sa part des frais d’assainissement. De même le Conseil d’administration du diocèse, qui selon le droit canon entoure l’évêque pour les questions financières, a exprimé sa disponibilité à participer aux coûts des
mesures urgentes. Il n’en est pas de même pour les chanoines du chapitre
qui, semblent-ils, n’arrivent pas à s’entendre. Le 23 mars, ils ont ainsi
refusé d’apporter leur obole pour la sauvegarde de la cathédrale. Les chanoines disposent en principe pour cela de la Fondation de la cathédrale
dont la tâche est, selon ses statuts, de pourvoir à l’entretien de la cathédrale. L’état actuel des finances de cette Fondation n’est pas très
clair. La maison du prévôt vient dêtre restaurée à grand frais.
Si rien ne se fait rapidement, la Confédération serait en droit d’intervenir directement puisque la cathédrale figure depuis 1975 sous sa protection. La Commision fédérale des Monuments historiques a demandé que des
travaux soient entrepris. Dans une lettre, la Commision signale que le bâtiment est menacé et que plusieurs oeuvres d’art ont été endommagées par le
système actuel de chauffage.
Contacté par l’APIC, le chanoine Christoph Casetti confirme l’existence
de négociations et déclare que le chapitre est prêt à faire le nécessaire
pour le chauffage. Mais, explique-t-il, il s’agit finalement du concept
global de la restauration au sujet duquel on ne s’est encore décidé à cause
des coûts très élevés. On ne veut pas, par des mesures urgentes, anticiper
sur des décisions futures qu’on ne pourrait alors pas tenir. En outre, à
cause de subtilités juridiques, la compétence de négocier de la Fondation à
été empéchée jusqu’à présent, conclut Christoph Casetti. (apic/oe/mp)



