Coire: Le gouvernement du canton des Grisons tance Mgr Haas

«Nous ne voulons pas d’un changement des relations Eglises-Etat»

Coire, 3 juin 1997 (APIC) Le gouvernement du canton des Grisons a fermement rejeté les propositions de Mgr Wolfgang Haas souhaitant une redéfinition des rapports entre l’Eglise et l’Etat. Si les intentions de l’évêque de Coire étaient mises en oeuvre, cela signifierait des changements profonds et la fin d’une Eglise ouverte à tous (Volkskirche), estime-t-il. Les relations Eglises-Etat sont basées en Suisse sur une longue tradition historique, et rien ne justifie un changement abrupt, souligne le Conseil d’Etat grison.

Dans une lettre ouverte publiée début mai, Mgr Haas souhaitait le développement de rapports directs entre l’Eglise diocésaine et l’Etat. Aujourd’hui les rapports de droit sont établis entre l’Etat et les Collectivités ecclésiastiques cantonales (Landeskirchen) et non pas avec l’Eglise catholique en tant que telle, déplorait Mgr Haas.

Il faut rappeler ici que la résistance à Mgr Haas s’est surtout organisée à travers les Eglises cantonales, dont plusieurs ont coupé les vivres au diocèse. En souhaitant des relations directes avec l’Etat, l’évêque de Coire désire en fait la disparition des structures ecclésiastiques démocratiques sur lesquelles il n’a pas de contrôle. «La proposition de Mgr Haas mettrait fin brutalement à l’évolution historique et pousserait hors jeu aussi bien l’Eglise cantonale que les paroisses ecclésiastiques», écrit le gouvernement grison.

En outre la solution préconisée par Mgr Haas priverait les Eglises du droit de prélever des impôts, puisqu’on passerait du droit public au droit privé, comme c’est le cas dans les cantons de Genève et Neuchâtel qui connaissent la séparation Eglises-Etat. Ainsi par exemple la conservation d’un important patrimoine historique et artistique assurée aujourd’hui en grande partie par les Eglises ne pourrait plus être assumée de la même manière et ces charges retomberaient en fin de compte sur l’Etat. Il est en de même dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’aide sociale, du soutien aux pauvres ou de la culture.

Enfin l’éventualité d’un changement des relations Eglises-Etat concerne également l’Eglise évangélique réformée des Grisons qui pour sa part ne le souhaite aucunement, rappelle le gouvernement grison.

Accusé de vouloir créer une Eglise «privée», Mgr Haas s’en est vivement défendu, affirmant vouloir mettre en oeuvre les orientations du Concile Vatican II en matière de relations Eglise-Etat. (apic/job/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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