J’ai toujours voulu être l’évêque de tous
Coire: Mgr Wolfgang Haas se défend
Coire, 2 mai 1997 (APIC) Mgr Wolfgang Haas, depuis qu’il est évêque de Coire, n’a jamais voulu être le pasteur uniquement d’un groupe ou d’un groupement. Dans le dernier numéro de la «Schweizerische Kirchenzeitung», Mgr Haas se défend vivement des accusations de dérive schismatique dont il est l’objet.
Alors que continuent à circuler avec insistance les rumeurs faisant état d’un déplacement de Mgr Haas à Rome, les accusations contre lui se multiplient. Dans le numéro du 16 avril de la «Schweizerische Kirchenzeitung» Karl Schuler, ancien vicaire épiscopal du diocèse de 1972 à 1982, aujourd’hui aumônier d’hôpital à Brunnen (SZ), écrivait dans un article de trois pages très fouillées que Wolfgang Haas, par sa vision et son comportement s’était «largement éloigné de la foi de l’Eglise actuelle dans le centre de l’Europe» et qu’on pouvait ainsi pratiquement parler de schisme.
Mgr Haas répond que dès le début de son ministère, il a voulu se mettre au service de tous. Il relève que sa proposition aux paroisses zurichoises de passer quelques jours chez elles comme «apprenti ” n’a pratiquement suscité aucun écho. Malgré toutes les difficultés, l’évêque de Coire affirme avoir toujours cherché à rester disposé à entrer en contact avec tous les croyants du diocèse. Dans sa lettre pastorale de Carême de l’an dernier, il exprimait son désir ardent d’aller vers tous les croyants. «Je ne suis pas évêque pour mes seuls adhérents» Lors du choix des collaborateurs et des nominations, le simple critère de l’appartenance au parti de l’évêque n’est jamais entré en jeu, insiste-t-il.
Quant à l’accusation de développer sa propre liturgie, proche de celle de la Fraternité St-Pierre (les disciples de Mgr Lefebvre restés attachés à Rome ndlr), Mgr Haas souligne s’en tenir fidèlement aux prescriptions du Concile Vatican II.
Au sujet des relations Eglise-Etat, Mgr Haas indique avoir toujours souhaité une bonne collaboration avec les collectivités ecclésiastiques cantonales reconnues de droit public. Dans ce sens il n’a jamais souhaité ni tenté de mettre en œuvre une «privatisation» de l’Eglise. Il estime cependant qu’un partenariat basé sur des relations contractuelles établies directement entre l’Etat et l’Eglise catholique en tant que telle permettrait de développer davantage une collaboration appropriée. Ce qui est les cas dans de nombreux pays (L’Allemagne et l’Autriche par exemple. ndlr)
La réglementation actuelle dans les cantons du diocèse qui prévoit les relations entre l’Etat et les collectivités ecclésiastiques cantonales (Landeskirche) conduit à une situation de quasi-séparation entre l’Eglise et l’Etat. Un état de fait que Mgr Haas espère voir dépassé un jour.
La défense de l’évêque de Coire se termine sur un avertissement à l’abbé Schuler, dont l’article est à ses yeux «un encouragement à la division et une justification de tels actes». «Ce qui serait une raison suffisante pour prendre des mesures correspondantes». Mgr Haas se contente néanmoins de prier l’auteur de prendre de la distance à l’avenir face à des telles déclarations polémiques et dommageables et d’accomplir son ministère de prêtre au service de la vraie unité. (apic/job/wm/mp)



