Suisse

Coire: Ordination épiscopale de Mgr Joseph Bonnemain

Mgr Joseph Bonnemain a reçu le 19 mars 2021 la consécration épiscopale des mains du cardinal Kurt Koch. Le nouvel évêque de Coire a immédiatement pris possession de sa charge qu’il occupera pour au moins 5 ans.

Pour la consécration de l’évêque à Coire, le canton des Grisons avait accordé une exception à la limite des 50 personnes autorisées à assister à un service religieux. Le concept de protection approuvé par les autorités a ainsi permis d’accueillir 114 personnes dans la cathédrale, y compris la vingtaine de célébrants, en respectant les distances sanitaires et le port du masque. Le chant a été assuré par un groupe de quatre solistes et un orchestre de chambre.

La célébration a été présidée par le cardinal Kurt Koch, ancien évêque de Bâle, les deux co-consécrateurs étant Mgr Pierre Bürcher, administrateur apostolique du diocèse de Coire et Mgr Felix Gmür, président de la Conférence des évêques suisses (CES). L’assemblée était constituée essentiellement de représentants des cantons, des corporations ecclésiastiques cantonales, des autres diocèses ainsi que des agents pastoraux, prêtres et laïcs. Les fidèles ont pu suivre la célébration chez eux en direct par streaming.

Dans le cadre sobre et solennel de la cathédrale de Coire, la plus ancienne de Suisse, l’ordination de Joseph Bonnemain a revêtu un caractère très fort non seulement à cause de la pandémie du coronavirus, mais aussi face à la lourde tâche qui l’attend dans un diocèse très divisé.

Un diocèse divisé

Dans son homélie, en allemand, italien et romanche, les trois langues du diocèse, sur l’évangile de la fête de saint Joseph, le cardinal Koch a évoqué l’image de la crèche où Joseph et Marie entourent de leur protection l’enfant Jésus, Dieu fait homme, préfigurant ainsi l’Eglise. Lorsqu’on se prénomme Joseph-Maria comme Mgr Bonnemain, ce patronage engage. Marie et Joseph ont d’abord été ouverts à la parole et à la volonté de Dieu. Joseph est l’homme de la foi qui s’est mis au service de Marie et de Jésus.

Mgr Joseph Bonnemain prononce son premier discours comme évêque de Coire | Capture-écran RSI

Reprenant la sentence de saint Augustin: «Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque,» le cardinal Koch insisté sur le rôle de pontifex, de constructeur de pont, de l’évêque. Mais attention, a-t-il relevé, un pont n’est utile que si les gens le franchissent dans un sens comme dans l’autre. Dans un diocèse divisé comme celui de Coire, l’ancien évêque de Bâle a lancé un pressant appel à la réconciliation.

Un rite ample et solennel

Par son ampleur et sa solennité, une ordination épiscopale est une des cérémonies les plus marquantes dans l’Eglise catholique. Après la présentation du candidat par un chanoine du chapitre cathédral, la bulle de nomination signée du pape François a été lue et remise solennellement par trois femmes.

Après le chant du Veni Creator Spiritus, vient l’appel du candidat qui répond chaque fois «Je suis prêt» aux questions du cardinal Koch. Le futur évêque s’est ensuite allongé sur le sol face contre terre durant la longue litanie de saints. Puis survient le rite de l’ordination proprement dite par l’invocation de l’Esprit-Saint et l’imposition des mains des évêques présents.

L’onction de l’huile sainte sur le visage et les mains rappelle les rites de l’Ancien Testament. Viennent ensuite la remise de l’Evangile, de l’anneau pastoral, de la mitre et de la crosse, qui symbolise le bâton du pasteur. En raison des mesures sanitaires anti-covid, le traditionnel baiser de paix des évêques présents a été remplacé par une salutation et une inclination.

Muni de tous les attributs de sa charge, Mgr Joseph Bonnemain a alors pris place sur la cathèdre, le siège qui symbolise son pouvoir d’évêque sous les applaudissements de l’assemblée.  Dans sa première tâche en tant qu’évêque de Coire, Mgr Bonnemain a invité les participants à renouveler la profession de foi des apôtres.

Le bâton pastoral du Ier évêque de Coire au Ve siècle

Mgr Bonnemain apportera sans doute un style différent de celui de ces prédécesseurs. Fin intellectuel, doté d’une spiritualité solide et d’une longue pratique pastorale, le nouvel évêque a commencé par proposer ses trois orientations. Comme nouvel évêque, il entend d’abord favoriser la synodalité. C’est un appel à plus de fraternité. «Ce que nous voulons ensemble est important, mais ce que veut l’Esprit-Saint pour son Eglise est encore plus important.» Le deuxième élément est que chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu. Et que lui manquer de respect est contraire à l’Evangile. «C’est un peu la maladie dans ce diocèse» amet Mgr Bonnemain.

Le troisième élément est sa crosse épiscopale. Il s’agit d’un bâton pastoral en ivoire qui remonte au Ve siècle et qui était probablement celui du premier évêque de Coire. «C’est un bâton de marche qui nous invite à sortir de nos églises. Nos petites querelles n’intéressent personne. Ce que le peuple attend c’est d’être accompagné sur le chemin du Royaume éternel.»

Au nom des autorités des cantons diocésains, Mario Cavigelli, président du Conseil d’Etat des Grisons, a souhaité la bienvenue au nouvel évêque. Pour lui, l’importance de cette célébration s’étend bien au-delà de murs de la cathédrale de Coire et du canton des Grisons. Comme médecin, prêtre aumônier d’hôpital et aujourd’hui évêque, Joseph Bonnemain apporte une riche expérience humaine. Il saura répondre aux espoirs et aux attentes des fidèles, a noté le Conseiller d’Etat. Son nom de Bonnemain ne peut être qu’un heureux présage. (cath.ch/mp)

Mgr Bonnemain donne sa bénédiction avec la crosse en ivoire du Ve siècle | capture d'écran RSI
19 mars 2021 | 18:33
par Maurice Page
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