Belgique: Appel à la solidarité des évêques de Belgique avec les chrétiens du Moyen-Orient

Collecte spéciale pour les chrétiens chassés d’Irak et de Syrie

Bruxelles, 6 août 2014 (Apic) Les évêques de Belgique ont lancé un appel à la solidarité avec les chrétiens du Moyen-Orient à l’occasion de la fête de l’Assomption. En Irak et en Syrie, les chrétiens ont dû fuir en masse face aux exactions des djihadistes. Les évêques demandent à toutes les paroisses et églises du pays d’organiser une collecte spéciale le 15 août 2014 pour les chrétiens de tout le Moyen-Orient.

Les évêques belges veulent soutenir des projets concrets mis en œuvre sur le terrain par les œuvres d’entraide catholique Caritas International et «Aide à l’Eglise en Détresse» (AED). Ils demandent que lors de toutes les célébrations du 15 août, fête de l’Assomption de Marie, «une prière fervente s’élève de nos cœurs, au moment de la prière universelle, pour la paix en particulier au Moyen-Orient».

Plus de 150’000 morts en Syrie

Depuis plus de 3 ans, Caritas International et son réseau mondial apportent une réponse humanitaire massive aux victimes de la crise en Syrie: aide alimentaire et matérielle, consultations médicale et psychosociale, protection des plus vulnérables… Caritas est sur tous les fronts, mais ses efforts ne suffisent pas pour faire face à une crise qui a coûté la vie à plus de 150’000 personnes et en a jeté des millions sur la route de l’exil, au sein de leur propre pays et par-delà leurs frontières.

Les pays voisins subissent les conséquences de ce conflit. Et ce sont aujourd’hui les chrétiens d’Irak, chassés de Mossoul sous la menace des islamistes, qui ont besoin d’aide. «Là encore, les Caritas soeurs se tiennent aux côtés des victimes, en Irak, en Turquie ou encore en Jordanie. Pour les accueillir et réconforter celles et ceux qui ont dû tout quitter pour échapper aux exactions», notent les évêques belges dans leur communiqué.

Les chrétiens chassés de Mossoul ont dû tout laisser sur place

La Caritas Irak est en première ligne aux côtés des familles déplacées – quelles que soient leur religion et leur origine – dans un contexte que les fortes chaleurs et le manque d’eau potable rendent encore plus difficile. 2’550 ménages ont reçu une aide, dans le secteur d’Alqosh, dans la plaine de Ninive, à Qaraqosh, Karamles et Bartalla. Ces familles sont hébergées, reçoivent de la nourriture et des kits d’hygiène. Une aide psychosociale est assurée et une assistance financière est prévue.

Ces réfugiés ont dû quitter leur maison en laissant tout derrière eux, indique Nabil Nissan, le directeur de Caritas Irak. «Des groupes armés ont établi des checkpoints sur les routes principales et leur ont pris de force tout ce qu’ils avaient réussi à emporter, leur laissant seulement les vêtements qu’ils portaient».

En Turquie voisine, Caritas est associée à l’enregistrement des familles venues d’Irak et celles-ci sont intégrées aux programmes d’aide aux réfugiés syriens. Les principaux besoins se concentrent sur l’accès au logement, aux soins et à des biens de première nécessité. A moyen terme, dans la mesure où tout retour est exclu à ce stade, une assistance financière ou un accès à l’emploi, ainsi qu’un appui scolaire s’imposent.

En Jordanie, un pont aérien humanitaire visant à reloger 1’000 personnes réfugiées dans la province d’Erbil est en préparation. Waël Suleiman, directeur de Caritas Jordanie, en appelle au soutien de Caritas International pour qu’une aide alimentaire, matérielle et sociale puisse être déployée dès leur arrivée.

Garantir la protection, maintenir une présence

Depuis 2003, la population chrétienne d’Irak, victime collatérale de la stratégie politique des pays occidentaux dans la région, est passée de 1,5 million à 400’000 personnes, note Caritas. En lien avec les Caritas locales, les Eglises et les autres organisations présentes, Caritas International suit de près l’évolution de la situation, pour répondre au mieux aux besoins croissants des déplacés.

Mais il importe de protéger toutes les minorités présentes, de consacrer leurs droits et libertés, dans l’espoir d’un retour rapide chez eux. Caritas International soutient par ailleurs la pétition initiée en juin dernier par le Secours Catholique – Caritas France demandant à l’Union européenne de ratifier le Traité sur le commerce des armes afin d’endiguer le trafic d’armes dans la région.

Le Moyen-Orient doit rester un espace de rencontre entre toutes les communautés

A travers son action humanitaire, Caritas International oeuvre pour que le Moyen-Orient reste un espace de rencontre entre toutes les communautés, et se joint à l’appel lancé par Mgr Antoine Audo, évêque d’Alep et président de Caritas Syrie, lors de son passage en Belgique en juin dernier: «Les chrétiens veulent vivre dignement, en liberté, avec les autres. En général, les musulmans les apprécient et demandent à ce qu’ils restent. En tant que patriarche, nous faisons tout pour qu’ils puissent rester. S’ils partaient, ce serait aussi une perte pour le monde arabe et musulman. La présence chrétienne arabophone représente une altérité au coeur de l’islam et une modération. Tout l’acquis de Vatican II au niveau du dialogue interreligieux, de l’oecuménisme, constitue des valeurs que les musulmans doivent aussi s’approprier d’une manière ou d’une autre, pour accepter la modernité, et ne pas sombrer dans les radicalismes, les fanatismes et la violence». (apic/com/be)

6 août 2014 | 10:22
par webmaster@kath.ch
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