Cologne: L’Eglise d’Allemagne doit devenir toujours plus missionnaire, affirme Benoît XVI Appel du pape aux évêques de son pays
Cologne, 22 août 2005 (Apic) L’Eglise d’Allemagne doit devenir toujours plus missionnaire, a déclaré Benoît XVI aux membres de l’épiscopat allemand rencontrés à l’archevêché de Cologne dimanche après-midi 21 août 2005. Le pape a fait un bilan de la situation de l’Eglise d’Allemagne, encourageant les évêques «à persévérer dans leur mission» malgré ses difficultés. Il a aussi renouvelé son appel «à travailler dans l’unité».
Lors de sa dernière rencontre à l’occasion des JMJ, Benoît XVI a remercié les évêques pour leurs préparatifs et leur participation à cette rencontre. Il leur a aussi laissé sa «fervente demande fraternelle, à marcher et à travailler dans l’unité». Déjà dans la matinée, à l’issue de la prière de l’angélus, le pape avait encouragé les pèlerins allemands à rester fidèles à l’Eglise et unis. L’Eglise d’Allemagne connaît parfois des tensions entre des mouvements de tendances diverses.
Pour le pape, l’événement des JMJ représente un motif de réflexion et d’engagement renouvelé. C’est «à nous de mettre à profit ce don que Dieu a fait à l’Eglise en Allemagne, en en relevant le défi et en en valorisant les potentialités», a-t-il déclaré.
Le pape a alors établi un portrait positif de l’Eglise d’Allemagne, où de «nombreuses personnes vivent leur foi de façon exemplaire, avec un grand amour pour l’Eglise». Il a mentionné les personnes qui s’engagent dans des situations pastorales souvent difficiles et les nombreux missionnaires engagés dans des pays lointains. Il a encore souligné la grande générosité des catholiques allemands à l’égard des plus pauvres, le remarquable travail accompli par de nombreuses institutions caritatives ainsi que la vaste oeuvre éducative des écoles catholiques et autres institutions et organisations catholiques en faveur de la jeunesse.
Mais Benoît XVI a aussi évoqué les «rides et ombres» obscurcissant le visage de cette Eglise et qui «ne manquent pas». Sécularisation et déchristianisation ne cessent de progresser, a-t-il affirmé, ajoutant que «l’influence de l’éthique et de la morale catholique est toujours moindre». «Beaucoup de personnes abandonnent l’Eglise ou, si elles y restent, acceptent seulement une partie de l’enseignement catholique», a-t-il poursuivi.
Le pape a encore évoqué la «préoccupante situation religieuse» dans l’est du pays, où «la majorité de la population n’est pas baptisée et n’a aucun contact avec l’Eglise. C’est alors que le pape a repris les mots des évêques allemands eux-mêmes dans une Lettre pastorale de 2004, affirmant « nous sommes devenus une terre de mission ».
L’Eglise allemande doit devenir toujours plus missionnaire
«L’Eglise en Allemagne doit devenir toujours plus missionnaire, s’engageant à trouver les moyens de transmettre la foi aux générations futures», a expliqué le pape. «Le panorama de la JMJ nous invite à projeter notre regard vers l’avenir», car les jeunes constituent pour l’Eglise un appel vivant à la foi et à l’espérance, a-t-il encore lancé. Benoît XVI a aussi exprimé sa solidarité avec les évêques allemands, les encourageant à persévérer dans leur mission, dans l’unité et la confiance.
Le souverain pontife a ensuite expliqué que les jeunes, à la recherche d’une plénitude de vie, conduisent les pasteurs à écouter leurs questions et à s’engager pour que l’unique vraie réponse, celle du Christ, leur arrive de façon compréhensible.
«Les jeunes se révèlent être, pour nous pasteurs, une provocation salutaire, parce qu’ils nous demandent d’être cohérents, unis, courageux», a ajouté le pape. «Pour notre part, nous devons les éduquer à la patience, au discernement, à un sain réalisme. Mais sans compromis, pour ne pas diluer l’Evangile». «Nous ne devons ni entraver la recherche ni cacher la vérité», a alors déclaré le pape.
«L’expérience de ces vingt années nous a enseigné que chaque Journée mondiale de la Jeunesse constitue, en un sens, un nouveau commencement pour la pastorale des jeunes du pays qui l’a accueillie», a encore affirmé le pape. Il a en effet expliqué que la préparation de l’événement mobilisait personnes et ressources, et que sa célébration apportait avec elle un vent d’enthousiasme «à favoriser du mieux possible». «C’est une potentiel énorme d’énergie, qui peut davantage s’accroître». a-t-il ajouté.
Les situations sociales difficiles ne manquent pas en Allemagne
Si la plus grande partie des jeunes en Allemagne vivent dans de bonnes conditions sociales et économiques, les situations difficiles ne manquent pas, a poursuivi le pape. Il a alors cité le problème des familles disloquées et le chômage des jeunes. «En outre, beaucoup de garçons et de filles se retrouvent dans la confusion, privés de réponses valables aux demandes sur le sens de la vie et de la mort, sur leur présent et sur leur avenir. (..) Beaucoup de propositions de la société moderne débouchent sur le vide et bien des jeunes finissent ’dans les sables mouvants’ de l’alcool et de la drogue, ou dans la spirale de groupes extrémistes», a regretté Benoît XVI. C’est pourquoi l’Eglise en Allemagne s’efforce de trouver des chemins nouveaux pour rejoindre les jeunes et pour leur annoncer le Christ, a-t-il insisté.
Devant le «dramatique manque de prêtres et de religieux en Allemagne», Benoît XVI a aussi encouragé les évêques à promouvoir avec un élan renouvelé une pastorale des vocations qui puisse rejoindre les paroisses, les centres éducatifs, les familles. Il a par ailleurs exhortés ses confrères à poursuivre sans se décourager leur engagement en faveur de la famille chrétienne. «La famille doit aujourd’hui affronter beaucoup de problèmes et de difficultés», a en effet reconnu le pape.
Benoît XVI a aussi parlé des associations et des mouvements qui jouent un rôle important dans le monde des jeunes et constituent une richesse indubitable, et de la question de l’éducation catholique et de la catéchèse en demandant aux évêques à ce que pour les tâches d’enseignant de religion et de catéchiste «soient choisies des personnes compétentes et fidèles au magistère ecclésial».
Après sa rencontre avec les évêques allemands lors de laquelle le cardinal Lehmann, président de la Conférence épiscopale d’Allemagne, lui a adressé un message, le pape a salué le comité organisateur des JMJ 2005 et pris congé de l’archevêché de Cologne avant de rejoindre l’aéroport de Cologne/Bonn. AR
Encadré
L’Allemagne possède des ressources humaines, culturelles et spirituelles, estime Benoît XVI
Benoît XVI, au moment de quitter l’Allemagne, a estimé que son pays natal a été, pendant quelques jours, le centre du monde catholique, avec la tenue des 20e Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Le 21 août 2005 dans la soirée, saluant le président de la République fédérale d’Allemagne Horst Köhler à l’aéroport de Cologne/Bonn, le pape a affirmé que son pays possède des ressources humaines, culturelles et spirituelles qui doivent se répandre à nouveau dans le monde.
Le souverain pontife, qui est arrivé à Castel Gandolfo près de Rome, après quatre jours de visite en Allemagne, a auparavant survolé sa terre natale, la Bavière. L’Airbus A321 de la compagnie allemande Lufthansa a survolé des villes de Bavière marquées par le passage de Benoît XVI: Ratisbonne (Regensburg) où il enseigna et vit aujourd’hui son frère Georg, Marktl am Inn son village de naissance, le sanctuaire marial d’Altötting, Freising où le cardinal Ratzinger fit son séminaire et fut ordonné, Munich dont il fut archevêque, et Traustein où vécurent ses parents.
L’autre Allemagne, celle de la honte et de la douleur
«Nous sommes tous conscients du mal venu de notre patrie au vingtième siècle, et nous le reconnaissons avec honte et douleur», a déclaré Benoît XVI devant le chef de l’Etat allemand, son compatriote. Mais, a poursuivi le pape, «en ces jours, grâce à Dieu, on a pu découvrir amplement qu’existait et existe aussi l’autre Allemagne, un pays aux ressources humaines, culturelles et spirituelles singulières». Et de souhaiter aussitôt que «ces ressources, grâce aussi à l’événement de ces jours, se répandent de nouveau dans le monde». Aux yeux du pape, les JMJ ont transformé l’Allemagne en «centre du monde catholique».
Le souverain pontife a encore souhaité que «l’Evangile soit accueilli dans son intégralité et témoigné avec passion par tous les disciples du Christ». L’Evangile, a-t-il expliqué, se révélera ainsi «comme un ferment de renouveau authentique de toute la société allemande». Un renouveau possible «grâce aussi au dialogue avec les différentes communautés chrétiennes et avec les membres des autres religions». (apic/ar/ami/be)



