Un acte de foi, un geste de consolation et de miséricorde
Cologne: Le cardinal Lustiger commente la visite de Benoît XVI à la synagogue
Antoine-Marie Izoard, agence I.Media
Cologne 21 août 2005 (Apic) Au lendemain de la visite de Benoît XVI à la synagogue de Cologne, le cardinal d’origine juive Jean-Marie Lustiger a déclaré le 20 août à l’agence I.MEDIA que la démarche du pape était acte de foi, mais aussi un geste de consolation et de miséricorde pour le peuple allemand et le monde entier.
Artisan important du dialogue judéo-chrétien durant le pontificat de Jean Paul II, l’ancien archevêque de Paris a participé à la visite de la synagogue de Cologne avec le pape. «C’est un geste de miséricorde et de consolation que Dieu donne au peuple allemand et au monde entier», a expliqué le cardinal Lustiger à I.MEDIA, partenaire de l’Apic, «en permettant que ce soit un pape originaire d’Allemagne qui puisse succéder à Jean Paul II et faire cette démarche symbolique de la reconnaissance du mal commis, mais aussi de l’espérance et de l’amour qui est dû entre frères».
«C’est au coeur même de la foi catholique que s’inscrit cette démarche», a ensuite précisé le cardinal français, ajoutant que «ce n’est pas comme une réconciliation fortuite entre deux nations ou deux ennemis». «Pour le cardinal Ratzinger, et plus encore pour le pape Benoît XVI, faire cette démarche est un acte de son ministère apostolique, c’est rendre raison de la foi transmise par Pierre et par Paul», explique-t-il encore.
Benoît XVI conscient du poids du nazisme
Le cardinal Lustiger, qui connaît Joseph Ratzinger «depuis longtemps», déclare aussi bien savoir «ce qu’il a pu faire aux côtés de Jean Paul II, notamment dans ce domaine» des relations judéo-chrétiennes. Il décrit Benoît XVI comme «un homme d’une extrême sensibilité». «Comme Allemand, il a vécu les drames de la guerre, il est conscient du poids historique que représente le nazisme comme déchirure dans l’Allemagne», explique le cardinal Lustiger. Ce dernier insiste aussi sur «l’amour et la compassion du pape à l’égard du peuple juif», précisant qu’il ne s’agit «pas seulement de sympathie, mais d’une estime et d’un respect religieux car il s’agit du peuple porteur de la parole de Dieu».
«Face à une civilisation qui oublie les dix commandements, nous avons une responsabilité commune», estime encore l’ancien archevêque de Paris à propos des paroles du pape sur le Décalogue, patrimoine commun aux juifs et aux chrétiens.
Le peuple juif porte toujours la Parole
Intervenant dans la synagogue de Cologne le 19 août, Benoît XVI a appelé à «faire des pas en avant dans l’évaluation, du point de vue théologique, du rapport entre judaïsme et christianisme». Pour le cardinal Lustiger, dans ce domaine, «le champ de réflexion et d’étude est à peine ouvert». A ses yeux, les catholiques doivent essayer de comprendre pourquoi le peuple juif subsiste, «non pas seulement comme le témoin de quelque chose de dépassé mais portant toujours la Parole, en étant le témoin authentique et légitime car les dons de Dieu sont irrévocables». (apic/imedia/ami/bb)



