Interview de l’organisateur des voyages pontificaux
Cologne: Le pape Benoît XVI attend les JMJ avec impatience, affirme Mgr Renato Boccardo
Rome, 12 août 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI attend les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) de Cologne avec impatience, affirme Mgr Renato Boccardo. Les JMJ s’ouvriront officiellement le 16 août 2005. Le pontife bavarois est attendu dans son pays du 18 au 21 août pour son premier voyage apostolique à l’étranger.
A cette occasion, la correspondante d’Apic, Ariane Rollier, de l’agence I.MEDIA à Rome, a rencontré Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican. L’organisateur des voyages du pape a fait le point sur ce premier rendez-vous du pape allemand avec la jeunesse. «On sent qu’il attend ce rendez-vous avec impatience. Il l’a déjà dit et ce dès sa première allocution en tant que pape», lance d’emblée Mgr Boccardo.
Apic: Le programme de Benoît XVI à l’occasion du rendez-vous de Cologne est- il semblable à celui de Jean-Paul II lors des précédentes JMJ ?
R. B.: Il est pratiquement pareil, avec l’arrivée du pape et l’accueil des jeunes le jeudi, le déjeuner avec un petit groupe de jeunes le vendredi, la veillée le samedi soir et la messe finale dans la matinée du dimanche. En revanche, la visite du pape à la synagogue est une nouveauté.
Il y a habituellement, depuis les JMJ de Paris, en 1997, une rencontre des séminaristes participant aux JMJ. Ils sont conviés à se rassembler durant une après-midi de la semaine, mais, jusqu’ici, le pape ne s’y rendait pas. Cette fois-ci, les organisateurs l’ont invité; c’est donc la première fois qu’il rencontrera spécialement les séminaristes au cours d’une JMJ. Cela afin de souligner l’importance de l’écoute de Dieu et de la disponibilité à répondre à l’appel.
Apic: Il semble que la visite à la synagogue et la rencontre avec des représentants musulmans aient été ajoutées au programme originel.
R. B.: Le programme était un peu en suspend quand le pape a été élu. Etant donné l’état de santé de Jean-Paul II, on ne savait pas s’il pourrait aller à Cologne. Benoît XVI a souhaité se rendre à la synagogue en répondant à l’invitation qu’il avait reçue et dès le début on a inséré cette visite à son programme.
La rencontre avec les représentants musulmans répond à une invitation que les musulmans lui ont adressée de se rendre à la mosquée. Mais elle est arrivée au début du mois de juillet, quand le programme était défini et déjà bien chargé. Il n’est donc pas possible au pape de s’y rendre, mais il a volontiers accepté de recevoir une délégation de représentants des différentes communautés.
Apic: Quels sont les sujets sur lesquels Benoît XVI devrait s’exprimer lors de ces JMJ ?
R. B.: Le pape va sûrement insister sur le thème des JMJ, «Nous sommes venus l’adorer». Il s’agit de la rencontre avec la personne du Christ. Car c’est la rencontre personnelle avec le Christ qui donne forme et structure à l’action pour la paix, pour l’intégration et pour la recherche de la justice.
Apic: Ce premier voyage est double puisqu’il s’agit d’une JMJ et d’un passage par son pays. Quelle lecture faites-vous de cet événement ?
R. B.: Ce voyage en Allemagne était prévu et ce n’est pas Benoît XVI qui l’a choisi. Il faut avoir conscience du fait que c’est son premier voyage à l’étranger et que, par dessein de la Providence, il a lieu dans son propre pays. Il est certain que, pour cette raison, il a une dimension assez personnelle, voire sentimentale.Certes, le pape va d’abord à la rencontre des jeunes et non en voyage apostolique en Allemagne, c’est vrai.
Ce n’est pas en premier lieu une visite en Allemagne mais une rencontre avec les jeunes qui a lieu dans ce pays. Ce voyage dépasse de fait l’Allemagne. Toutefois, comme il se réalise dans ce pays, il y aura un côté plus protocolaire avec notamment la visite au président de la République ou le discours du pape aux autorités locales depuis l’aéroport. Ces rencontres avec les autorités civiles du pays étaient d’ailleurs toujours inscrites dans le programme de Jean Paul II lors des JMJ.
Apic: Pourquoi Jean Paul II avait-il choisi la ville de Cologne comme lieu pour ces JMJ de 2005 ?
R. B.: Cologne est une grande ville d’Allemagne située dans une région catholique, avec une forte tradition et qui abrite les reliques des rois mages. Jean Paul II, qui a toujours eu une vision à long terme de l’histoire, souhaitait que, sur des lieux où des masses de jeunes proclamèrent la haine et la guerre, il y ait au début du siècle suivant une autre masse de jeunes qui proclament la paix et l’amour. Il était important pour lui d’avoir un autre signe, un autre geste qui soit éloquent.
Edith Stein ou Albert Le Grand sont des saints qui ont été cités dans le message de préparation des JMJ adressé aux jeunes par le pape; c’est la tradition d’un pays chrétien qui est proposée aux jeunes. Cela nous ramène aux racines de l’Europe, à cette dimension de la culture chrétienne et de l’histoire.
Apic: La présence d’un nouveau pape, le fait que la JMJ ait lieu en Europe. Les facteurs semblent être multiples pour l’intérêt suscité par l’événement.
R. B.: Peut-être. Il y a de la curiosité pour le nouveau pape et la facilité d’une rencontre qui se passe en Europe, mais je pense surtout que la JMJ est entrée dans une tradition de l’univers des jeunes, et que c’est un rendez-vous un peu obligé. Les jeunes ont bien compris que le pape est au service de l’annonce du Christ. Hier c’était Jean Paul II, aujourd’hui c’est Benoît XVI. Mais ce qui demeure, c’est le Christ.
Apic: Pour quelle raison la présence des évêques est-elle particulièrement renforcée à l’occasion de ces JMJ, avec 750 participants, dont 300 donnant des catéchèses ?
R. B.: Tout au long de ces vingt ans, les évêques ont constaté que la JMJ est un moyen d’évangélisation; ils ne peuvent donc pas en être absents. Si la JMJ n’est pas une formule magique, elle donne des résultats et il est très important que les évêques soient au milieu de leurs jeunes. (apic/rollier/imedia/be)




