Les JMJ doivent prouver que la foi a sa place dans la société
Cologne: Message du cardinal Meisner pour l’ouverture des JMJ
Cologne, 17 août 2005 (Apic) Les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) doivent prouver que la foi a sa place dans la société, a déclaré le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, lors d’une conférence de presse le 16 août, jour d’ouverture du rassemblement international de jeunes dans sa ville. Le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande a, pour sa part, souligné l’importance d’un témoignage de l’Eglise qui soit «public, ouvert et officiel».
«Enfin le jour est arrivé (.) J’ai un peu la même impression qu’avant Noël, maintenant vient le temps des JMJ», a confié le cardinal Joachim Meisner. «Nous avons eu à accomplir une mission d’importance cruciale», a-t- il expliqué devant la presse, soulignant le travail préparatoire qu’impliquait un tel événement et «la fièvre» qui montait ces derniers jours dans son diocèse.
Le cardinal s’est aussi arrêté sur le rôle des volontaires – interlocuteurs privilégies du Bureau d’organisation local des JMJ-, soit plus de 3000 jeunes ayant aidé à la préparation des JMJ. «Cela vaut la peine de confier des responsabilités aux jeunes dans les paroisses», a-t-il insisté. Il a aussi salué le succès de la coopération de l’Eglise catholique d’Allemagne avec les villes, les municipalités, le gouvernement fédéral et l’Union européenne.
Pour le cardinal allemand, ami de Jean Paul II, la cérémonie d’ouverture des JMJ célébrée à 17h devait marquer dans l’Eglise universelle «un premier chapitre» de la réalisation des grandes visions que le pape polonais a eues pour l’Allemagne. C’est en effet Jean Paul II qui avait souhaité, qu’au début du 21e siècle, des JMJ aient lieu en Allemagne – justement là où la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale avait trouvé ses origines -, lançant aussi un mouvement positif en Europe. «Nous voulons que les JMJ deviennent un événement spirituel important en Allemagne, en Europe et dans le monde», c’est pourquoi «nous donnons une force spirituelle» a ces JMJ, a encore expliqué le cardinal Meisner.
Un pape d’en haut et un pape d’en bas
«Les milliers de jeunes venus aujourd’hui, comprennent et estiment l’héritage du pape défunt», a poursuivi l’archevêque de Cologne, soulignant une nouvelle fois que «nous aurons deux papes pour les 20e JMJ, un pape d’en haut et un pape d’en bas». «Nous verrons par le nombre de jeunes qu’il y a là l’oeuvre de deux papes», a-t-il encore insisté. Il a aussi souligné que «les jeunes posent des questions sérieuses, qui touchent à la vie. Il faut leur donner Dieu pour qu’ils vivent pleinement».
405’000 pèlerins venant de près de 200 pays sont à ce jour inscrits pour ces JMJ, un record jamais atteint pour les rencontres internationales précédentes. 9805 prêtres participeront à la manifestation contre 5000 originellement prévus et quelque 750 évêques devraient être présents à la cérémonie de clôture de dimanche 21 août, en présence de Benoît XVI. «Je ne sais pas si nous aurons assez d’étoles» pour eux, a souligné le cardinal Meisner en souriant. En outre, quelque «60 cardinaux seront à compter parmi nous» et quelque «7720 journalistes se sont inscrits» pour l’événement.
«L’événement spirituel que sont les JMJ doit susciter la foi. Les JMJ doivent prouver que la foi a sa place dans la société», a renchéri le cardinal Meisner. «Je suis persuadé que la société a besoin de tels signes». Par ailleurs, pour lui, «la condition sine qua non pour parvenir à la paix est l’adoration. «Il faut, et il est bon, que les jeunes nous rappellent cela», a-t-il ajouté.
«Ces chiffres sont impressionnants, en particulier pour ceux qui ont déjà vécu plusieurs JMJ», a pour sa part constaté le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, pour lequel cette JMJ est la quatrième. Il a rappelé que le record de participants aux JMJ était détenu par les JMJ de Manille, avec 4 millions 500’000 fidèles à la cérémonie de clôture en janvier 1995. «On peut voir de ce fait qu’il s’agit d’un événement mondial que nous allons célébrer ensemble», a-t-il expliqué.
«De même que nous avons des journées du catholicisme et oecuméniques, nous avons besoin d’un signe qui nous donne de l’espoir ainsi qu’au monde entier», a commenté le cardinal Lehmann. «Il faut présenter un témoignage public, ouvert et officiel ; pour une Eglise universelle, il faut que ce soit visible».
Les jeunes de pays pauvres repartent comme les rois mages
S’arrêtant sur ce qu’il a vécu durant les dernières JMJ et les journées de préparation aux JMJ dans les diocèses allemands, l’archevêque de Mayence a confié qu’il avait «appris qu’il y a une joie vis-à-vis de la foi des jeunes qui viennent souvent de conditions sociales pauvres». «Je crois que nous apprenons beaucoup de ceux qui viennent nous trouver», a-t- il ajouté. «On le voit, on le comprend, c’est clair, les jeunes venant de pays pauvres repartent chez eux comme les rois mages, transformés, ils ont plus de courage, plus de force, grâce a nos encouragements, à notre pastorale». Il a aussi expliqué qu’il avait constaté que «l’enthousiasme» des jeunes se mêlait au respect et à «la discipline» durant les cérémonies, ce qui pour lui est «fascinant».
Interrogé sur la venue de Benoît XVI dans son propre pays, où il est parfois contesté, le cardinal Lehmann a souligné que ses livres étaient des best-sellers et que les médias donnent l’écho qu’»on est content que Benoît XVI rende visite à l’Allemagne». Ainsi, le magazine Focus du 13 août a titré «Benoît XVI superstar», et le quotidien allemand le Monde du 15 août, «le pape rentre à la maison». (apic/imedia/ar/bb)




