Le chef de gang clame son innocence

Colombie: Arrestation d’un assassin présumé de l’archevêque de Cali

Bogota, 27 mars 2001 (APIC) La police colombienne annonce avoir arrêté lundi, lors d’une opération conjointe avec l’armée, John Jairo Maturana, soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat le 16 mars dernier de l’archevêque de Cali, Mgr Isaias Duarte Cancino, alors qu’il sortait de la messe. Selon les enquêteurs, le prévenu serait le chef d’une bande criminelle qui opère dans le quartier où se trouve la paroisse du Bon Pasteur, dans le district d’Aguablanca, à Cali. Maturana clame son innocence.

Les enquêteurs ne savent pas encore exactement le rôle qu’a joué John Jairo Maturana, qui porte le surnom de «Marimba», dans cet assassinat qui a suscité un grande émotion au plan national et international. Ils le soupçonnent d’avoir mandaté les «sicaires» – tueurs à gages – qui ont exécuté l’opération. Le procureur soupçonne des trafiquants de drogue d’avoir commandité l’assassinat parce que l’archevêque de Cali avait récemment dénoncé le financement de candidats aux élections par les barons de la drogue.

Maturana, un jeune d’une vingtaine d’années, s’est déclaré tout à fait étranger aux actes qui lui sont reprochés dans une interview à la télévision. Le général de la troisième division de l’armée colombienne, Francisco Pedraza, a pour sa part affirmé que «Marimba» est le chef de l’un des gangs les plus redoutés de Cali, la troisième ville de la Colombie. «Maturana est le chef de l’école des assassins, c’est une personne qui est dans le commerce de la mort», a-t-il déclaré à la télévision locale RCN.

Dix prêtres et évêques dans le collimateur des tueurs

D’autre part, la Conférence épiscopale de Colombie a remercié les autorités gouvernementales pour leur programme de protection policière spéciale des évêques et des prêtres. Cependant, la plupart des évêques ont décliné cette offre, affirmant que ce n’est pas le bon moyen d’en finir avec la violence qui ensanglante le pays et que leur sort est «dans les mains de Dieu». Selon le colonel colombien Ivan Calderon, «au moins dix prêtres et évêques de diverses régions du pays sont sérieusement menacées de mort».

S’il considère cette offre de protection comme un «geste de responsabilité» pour lequel il faut remercier les autorités, Mgr Libardo Ramirez Gomez, évêque de Garzon, dans le département de Huila, «avec des gardes du corps et des choses du même genre, je ne me sens pas bien; dans ce domaine, j’ai confiance en l’assistance divine, tout en accomplissant notre devoir avec prudence et sans témérité», affirme le prélat. (apic/misna/elpais/be)

27 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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