L’ex-maire de Trujillo doit répondre de la mort de 342 personnes

Colombie: Arrestation d’un membre de la majorité accusé de massacres de civils

Bogota, 22 septembre 2008 (Apic) Arrêté sous l’accusation d’être impliqué dans le massacre de Trujillo – localité du Sud-ouest du pays où 342 personnes avaient été torturées, mutilées et assassinées par les paramilitaires et les soldats entre 1986 et 1994 -, Rubén Agudelo, leader du parti Conservateur, rallié au régime du président Alvaro Uribe, a été entendu en fin de semaine par le procureur spécial des droits de l’homme.

Ex-maire de Trujillo, époux du maire actuel de la localité Gloria Espinosa et ancien député de l’assemblée du Valle, Agudelo a été arrêté au moment même où le procureur général Mario Iguaran rencontrait les proches des victimes à l’occasion du jour commémoratif du massacre.

Le leader conservateur est accusé de meurtres collectifs à des fins terroristes et d’enlèvements aggravés dans le cadre d’un des épisodes de violence restés impunis les plus emblématiques de la récente histoire de la Colombie.

Présenté mardi dernier par la Commission Nationale de Réparation et Réconciliation (Cnrr), instaurée en 2005 afin de faciliter le processus de paix avec les groupes armés tout en assurant à leurs victimes le droit à la justice, le premier rapport sur la Mémoire Historique indique que des crimes atroces se sont vérifiés à Trujillo.

C’est pour ces faits, notamment, que l’État colombien a été condamné par la Commission interaméricaine des droits de l’homme (Cidh) en 1995, obligeant le président de l’époque, Ernesto Samper, à présenter des «excuses publiques» au pays. (apic/misna/pr)

22 septembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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