Crimes de lèse humanité impunis
Colombie: Exhumation de 22 victimes des paramilitaires en présence du juge Garzón
Bogota, 29 août 2008 (Apic) La disparition forcée de personnes est le pire crime qui existe, a déclaré le magistrat espagnol Baltasar Garzón, qui a assisté ces jours en Colombie pour la première fois à l’exhumation des dépouilles de 22 victimes des paramilitaires.
Le juge Garzón est connu pour ses actions judiciaires contre le dictateur chilien Augusto Pinochet, contre les membres de l’ex-dictature argentine et ses critiques à l’encontre des méthodes nord-américaines à Guantanamo
Découverte grâce à la collaboration d’un repenti des Autodéfenses unies de Colombie (Auc), Hébert Veloza García, alias HH, la fosse commune se situe à Urabá, dans le Nord-ouest du pays, et ses victimes présentent d’évidents signes de mort par balle. Le juge Garzón s’est déclaré frappé par l’exhumation, espérant en une véritable indemnisation des victimes.
Le juge avait été envoyé en Colombie pour un séminaire sur la démobilisation de 31’000 combattants paramilitaires, pendant lequel il a critiqué les extraditions de certains de leurs chefs aux États-Unis, où ils doivent répondre d’accusations de trafic de drogue, avant de préciser que de telles mesures peuvent retarde la bonne marche de la justice colombienne.
La Cour pénale internationale (Cpi), a ajouté Garzón, pourrait également intervenir dans le cas où la justice américaine entraverait le déroulement des procès colombiens. Le procureur de la Cpi, Luis Moreno Ocampo, a lui aussi assisté à l’exhumation des corps, précisant que la Cour interviendrait si les auteurs de crimes de lèse-humanité bénéficiaient de l’impunité.
Le gouvernement colombien de Uribe se trouve depuis plusieurs mois au coeur d’un scandale pour ses liens avec les paramilitaires. Dans un communiqué transmis ces derniers jours à la presse, l’ex-président César Gaviria Trujillo, dirigeant du Parti libéral (opposition), a répliqué aux accusations d’avoir protégé les trafiquants de drogue sous son mandat (1990-1994), formulées par l’actuel président Alvaro Uribe.
César Gaviria Trujillo a accusé le président Uribe d’avoir fait entrer des paramilitaires au sein de l’exécutif de manière à pouvoir manipuler la Cour suprême. (apic/misna/pr)



