L’Eglise comme intermédiaire

Colombie: L’ELN libérera ses 86 otages

Bogota, 10 juin 1999 (APIC) L’Armée de Libération Nationale (Ejercito de Liberacion National – ELN) a confirmé qu’elle s’apprête à libérer dans les heures qui viennent les 86 otages qu’elle détient encore. Selon l’ELN, le Vatican a autorisé la présence d’un évêque délégué pour servir d’intermédiaire avec la guérilla. Des signes d’ouverture sont également perçus côté gouvernement. Qui laisse présager un possible rétablissement des négociations.

Bien que le Vatican n’ait pas officiellement annoncé la désignation d’un médiateur, la guérilla a déjà cité le nom de l’évêque de Bucaramanga, Mgr Victor Manuel Lopez Forero. Ce dernier serait présent à la libération des otages, prévue pour cette fin de semaine dans le secteur de San Antonio, en qualité d’»émissaire de bonne volonté».

Selon des porte-parole de la guérilla de l’ELN, celle-ci libérerait tous les civils séquestrés lors des «pêches miraculeuses» – c’est ainsi qu’elle appelle ces opérations d’enlèvements de civils – réalisées dans les airs, sur terre et sur l’eau: 25 passagers de l’avion Fokker de la compagnie Avianca détourné le 12 avril 30 lors d’un vol Bucaramanga-Bogota, 52 fidèles capturés le 30 mai dans une église de la banlieue chic de Cali alors qu’ils participaient à l’eucharistie dominicale, et 9 autres personnes séquestrées dimanche dernier alors qu’elles participaient à une partie de pêche sportive à bord d’une embarcation sur le Rio Magdalena, près de Barranquilla.

Seront présents lors de la libération des otages, outre Mgr Lopez, des représentants des gouvernements de l’Allemagne, de l’Espagne et du Venezuela, ainsi que Juan Gabriel Uribe, conseiller politique du président colombien Andres Pastrana.

Des sources officielles confirment que la présence de Mgr Lopez a été souhaitée par le chef de l’ELN, Nicolas Rodriguez Bautista «Gabino», qui s’est rendu il y a quelques jours au Vatican, où il a eu un entretien avec une personnalité de la curie romaine, en présence de Bernd Schmidbauer, qui fut ministre de la sécurité dans le précédent gouvernement allemand, aujourd’hui député social-chrétien au Parlement.

Vers un nouveau dialogue

Quant au gouvernement, il a décidé de suspendre les opérations militaires pour permettre la réussite de l’initiative prise par une commission parlementaire qui tente de rencontrer le «lider maximo» de l’ELN, Nicolàs Rodriguez Bautista «Gabino» et deux responsables du Commandement central des mouvements rebelles.

Devant la multiplication des enlèvements et des violences de toutes sortes, le Congrès a refusé, le 7 juin, d’accorder au président Pastrana des pouvoirs extraordinaires – possibilité d’accorder l’amnistie ou des remises de peine, d’échanger des prisonniers… – dans les négociations de paix avec la guérilla.

A Bogota, des sources proches du gouvernement laissent entendre que le matériel de communication qui était en possession des porte-parole de l’ELN, Francisco Galan et Felipe Torres, actuellement détenus à la prison d’Itagui (Antioquia), leur a été restitué afin qu’ils puissent coordonner les détails de la libération. Les mêmes sources se montrent confiantes et assurent que, dès que les otages auront été libérés, le gouvernement sera disposé à renouer le dialogue avec la guérilla, là où elle le souhaite. (apic/cip/pr)

10 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!