Interrogations sur les motivations des ravisseurs
Colombie: La guérilla enlève un évêque dans l’est de la Colombie
Bogota, 26 juillet 2004 (Apic) Mgr Misael Vacca Ramirez, archevêque de Yopal, un diocèse situé à près de 400 km au nord-est de Bogota, a été enlevé dimanche par des guérilleros, a annoncé lundi un prêtre de ce diocèse. En Colombie, on s’interroge sur les motivations des ravisseurs.
Les ravisseurs se sont présentés comme des membres de l’Armée de libération nationale (ELN). Mais aucune confirmation n’a pour l’heure été apportée sur l’identité réelle des auteurs de cet enlèvement. Ces derniers ont intimé à l’évêque l’ordre de les suivre en affirmant qu’ils voulaient faire transmettre un message par le dignitaire religieux, a expliqué le Père Nicanor Roa à la station de radio privée Caracol.
Selon ce prêtre, Mgr Vacca Ramirez a été enlevé dimanche vers huit heures du matin dans la localité de Morcote, situé à la frontière des départements de Boyaca et Casanare, où il se trouvait en mission pastorale en compagnie de deux prêtres.
De nombreuses questions se posent après cet enlèvement et sur les motivations des auteurs, s’il s’avère que ces derniers appartiennent à l’ELN. En février dernier. Par la voix du cardinal colombien Pedro Rubiano Sáenz, l’Eglise catholique du pays se déclarait prête à faciliter le dialogue entre le gouvernement de Bogotá et la guérilla.
Le cardinal répondait là officiellement à une lettre envoyée aux évêques par le commandement central de l’ELN, affirmant que le second groupe guérillero du pays veut faire des propositions pour un dialogue et dit avoir opté pour une solution politique du conflit.
En décembre dernier, la médiation de l’Eglise colombienne avait été déterminante pour obtenir la libération de touristes étrangers enlevés par l’ELN le 12 septembre dans la région de la Sierra Nevada de Santa Marta. Dans sa lettre, l’ELN reconnaissait du reste l’engagement de l’Eglise à «construire des voies d’issue à la crise humanitaire qui afflige les populations de la Sierra Nevada» et stigmatisait l’importance de «sa présence dans des organismes tels que, entre autres, la Commission de conciliation nationale».
Cet enlèvement intervient aussi au moment où les FARC, premier groupe de guérilla du pays, affirment être disposés à un dialogue de paix avec le gouvernement du président Uribe, avec la médiation de l’Eglise catholique. Une affirmation faite sur les ondes de RCN par l’évêque de Tunja, Mgr Luis Augusto Castro, qui a assuré que «Raul Reyes», alias Luis Edgar Devia Silva, porte-parole des FARC, avait manifesté une telle ouverture.
La violence n’épargne pas l’Eglise
Plusieurs prêtres ont payé de leur vie la violence dans ce pays. Le 16 mars 2001, l’archevêque de Cali, Mgr Isaias Duarte Cancino, était assassiné en sortant de l’église où il venait de célébrer la messe. En 2003, par moins de sept prêtres ont été assassinés, alors qu’un autre prêtre, le Père Peña, séquestré le 15 mars dernier, est toujours détenu par les FARC.
La violence fait chaque année quelque 35’000 morts. On compte en moyenne 3’000 enlèvements par an et 2,9 millions de déplacés en raison de la violence ou pour des motifs économiques liés à l’exploitation des richesses par de grandes sociétés. (apic/pr)



