Délégation à La Havane pour des entretiens avec l’ELN
Colombie: Les évêques demandent des programmes, pas des affrontements
Bogota, 19 février 2006 (Apic) Les évêques colombiens attendent des programmes et pas «seulement les affrontements et de la propagande». Ce sont les programmes qui permettent aux électeurs de se faire une idée précise», a déclaré Mgr Luis Augusto Castro, président de la Conférence épiscopale colombienne (Cec). Il a exhorté les candidats aux élections parlementaires du 12 mars à mener une campagne sans insultes personnelles et sans activités illicites.
«Nous souhaitons tous un Parlement transparent dont ne feront pas partie des personnes dont le passé est marqué par l’illégalité», a souhaité Pour sa part Mgr Jaime Prieto, évêque de Barrancabermeja, en faisant référence aux accusations de corruption et de soutien aux groupes paramilitaires qui ont caractérisé jusqu’ici la campagne électorale, portant au retrait de quelques aspirants au Parlement.
Toujours selon Mgr Prieto, malgré la présence de groupes armés, les élections ne devraient pas être caractérisées par la violence: «Elles pourraient être plus pacifiques par rapport à celle de ces dernières années, mais l’important est qu’elles ne soient pas marquées par des pressions sur l’électorat».
«Nous collaborons sous plusieurs formes pour que l’on parvienne à un cessez-le-feu de la part de tous les groupes armés», a dit Mgr Fabio Henao, directeur de la Pastorale sociale, en soulignant que la priorité reste l’assistance aux trois millions de déplacés (’desplazados’).
Une collaboration suivie d’un acte concret: quatre évêques colombiens ont fait cette semaine un voyage dans la capitale cubaine, La Havane, pour participer, sur invitation des guérilleros, à la reprise des colloques de paix préliminaires entre le gouvernement et l’Armée de libération nationale (Eln).
Mgr Jaime Prieto était accompagné de ses homologues, Mgr Leonardo Gómez Serna, Mgr Ricardo Tobón, Mgr Enrique Prado Bolaños, et par le Père Dario Echeverry. «Dans cette seconde tournée de colloques, minutieusement préparée par l’Eln et la société civile, il me semble que la possibilité d’un agenda plus concret et opérationnel des négociations puisse être envisagée», a dit Mgr Prieto, en ajoutant: «C’est une opportunité pour la paix que nous ne pouvons pas perdre».
Le porte-parole de l’Eln, Francisco Galán, se trouvait déjà depuis quelques jours à La Havane, même si une grande réserve a été maintenue sur ses déplacements pour des raisons de sécurité. La première rencontre entre les parties à Cuba remonte à courant décembre dernier. (apic/misna/pr)




