Colombie: Les FARC menace de déclencher une guerre totale à cause du «Plan Colombie»

Le Brésil refuse une demande des Etats-Unis

Bogota, 22 août 2000 (APIC) Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) menacent de déclencher une guerre totale, si le gouvernement ne revient pas sur l’accord du «Plan Colombie».

«Si le gouvernement du président Andres Pastrana continue à soutenir le «Plan Colombie», ce pays connaîtra le pire conflit de toute son histoire», a averti lundi Raul Reyes, comandant des FARC, principal groupe de guérilla du pays sud-américain.

«Le gouvernement de Pastrana parle de paix mais agit comme s’il voulait la guerre» a-t-il poursuivi. Le président américain Bill Clinton est arrivé en Colombie il y a quelques jours avec l’intention de confirmer son soutien au gouvernement de Pastrana. Washington appuie le «Plan Colombie» – officiellement destiné à éliminer les cultures illicites, la production et le commerce de stupéfiants – par l’affectation de 1,3 milliard de dollars.

Des dizaines d’ONG nationales et internationales s’opposent à ce plan car selon elles, il constitue en réalité une manoeuvre militaire qui pourra avoir des conséquences néfastes sur le processus de paix en cours dans le pays. L’Union européenne n’est pas favorable à ce plan.

Le Brésil renforce ses frontières

De son côté, le gouvernement brésilien a lancé un plan d’urgence pour faire face au danger d’une `exportation’ de la guérilla colombienne, en raison du «Plan Colombie». A Tabatinga, une ville de l’Etat d’Amazonas à la frontière entre Brésil, Colombie et Pérou, sont sur le point de mettre en place un poste de «commandement de gestion de la crise» comprenant des délégués du ministère des Relations extérieures, de la Défense, de l’armée, des services secrets et de la police fédérale. Il sera chargé de diriger les opérations de patrouille des 1’600 kilomètres de frontière avec la Colombie qui sont en grande partie sur le territoire amazonien.

Brasilia craint que l’application du Plan Colombie dans le pays voisin n’incite les militaires, guérilleros et cultivateurs de coca à passer la frontière et à s’installer en territoire amazonien.

La décision de renforcer les contrôles à la frontière suit de quelques jours le refus du président brésilien Fernando Henrique Cardoso de concéder, comme cela avait été requis par la Secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright en visite au Brésil, les bases militaires de l’Etat d’Amazonas au gouvernement de Bogota pour faciliter les opérations du «Plan Colombie». (apic/misna/pr)

22 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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