Pression sur le gouvernement Uribe et médiation de l’Eglise

Colombie: Les parents des otages des FARC occupent toujours la cathédrale de Bogota

Bogota, 10 décembre 2003 (Apic) Les Vingt adultes et cinq enfants, parents d’otages des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) qui se sont enfermés mardi peu avant midi dans la cathédrale de Bogotá occupent toujours les lieux. Ils demandent au président Alvaro Uribe de trouver un accord humanitaire avec la guérilla qui permette à leurs proches de retrouver leurs familles.

Une des occupantes, Yolanda Pulecio, est la mère d’Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle et dirigeante des Verts, enlevée par les FARC en février 2002. «Monsieur le président écrit le groupe à Uribe, un accord humanitaire nous donnerait de l’espoir, faisons ce premier pas: la possibilité de sauver la vie de 3’000 fils de la Colombie est entre vos mains».

Une réunion à l’archevêché de Bogota sous la présidence du cardinal Pedro Rubiano figure est programmée mercredi, pour tenter de trouver une solution à cette occupation. Selon le quotidien «El Tiempo», les ambassadeurs de France, de Suède et du Mexique ainsi que plusieurs personnalités du monde politique et de défense des droits de l’homme en Colombie seront présents. A Bogota, on estime que cette réunion débouchera par la mise sur pied d’une Commission.

Les familles des otages disent ne pas pouvoir comprendre comment on peut parler avec d’»autres groupes en marge de la loi» et ne pas parler avec «ceux qui retiennent nos fils prisonniers», a déclaré Yolanda Pulecio dans une déclaration faite à la presse et reprise par l’Agence Misna. Elle se réfère entre autres au processus dit «de paix historique» entre l’exécutif et les principaux groupes paramilitaires entamé en décembre de l’an dernier.

Engagement présidentiel pas tenu

Si une infime possibilité de colloques est également envisageable avec le second groupe guérillero, l’Armée de Libération Nationale (ELN), les contacts avec les FARC depuis l’échec des négociations menées par l’administration d’Andrés Pastrana sont pratiquement nuls. «Face à ce désolant scénario, les parents ont voulu rappeler au président son engagement auprès des Colombiens de s’occuper de la libération des otages».

«En tant que Colombiens, nous exigeons avec respect, mais fermement, que le président tienne sa promesse», écrivent les familles des otages. Le groupe reproche également au chef de l’Etat de ne pas avoir nommé la commission de négociateurs officiels pour obtenir l’accord humanitaire, bien que deux hauts représentants de l’Eglise catholique aient été délégués par le président Uribe pour lancer un dialogue avec les FARC.

Bras de fer sur le dos des otages

Il s’agit de Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, vice-président de la Conférence épiscopale, et du Père Darío Echeverri, secrétaire de la Commission de conciliation nationale, que la guérilla a accepté de rencontrer mais seulement en qualité d’interlocuteurs indépendants du gouvernement. «Nous demandons une accélération de l’accord et que l’exécutif nomme finalement la commission de négociateurs» exige de son côté Marleny Orjuela, qui représente les parents des policiers détenus par les FARC. «Nous ignorons jusqu’à quand nous resterons dans la cathédrale, nous ne bougeons pas d’ici».

Le bras de fer entre le gouvernement et les FARC ne semble pas progresser: la guérilla propose de libérer les hommes politiques, les militaires, les agents de police et 3 Américains en échange de la libération de quelques centaines de combattants emprisonnés. Il demande en outre la démilitarisation d’une vaste zone du sud du pays. Le gouvernement exige en revanche la libération de tous les otages, y compris ceux qui ont été kidnappés pour obtenir une rançon, refuse la démilitarisation et exige des FARC un engagement officiel à ne plus commettre d’enlèvements, prévoyant l’hypothèse de l’exil pour les rebelles remis en liberté.

L’affaire de l’occupation de la cathédrale de Bogota intervient après un autre fiasco. L’Eglise catholique de Colombie a en effet annoncé l’échec des négociations menées jusqu’ici avec l’ELN pour obtenir de ce groupe de guérilla colombienne a libération de quatre otages Israéliens et d’un Britannique avant Noël L’Armée de libération nationale (ELN) a décidé de ne pas libérer avant Noël ses otages, qu’elle détient depuis trois mois. La guérilla évoque des opérations de l’armée colombienne pour justifier son refus, a annoncé mardi l’Eglise catholique, médiatrice dans cette affaire. (apic/avec les agences/pr)

10 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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