Ils attendent cette fois des résultats
Colombie: Les représentants de la Société civile pour un dialogue gouvernement/ELN
Bogota, 12 août 2004 (Apic) Les représentants de 30 organismes de la société civile colombienne ont demandé au gouvernement et à l’ELN (Armée de libération nationale) d’engager le plus vite possible des négociations de paix.
Au cours d’une réunion tenue ces jours au siège de la Conférence des évêques de Colombie, ces représentants disent soutenir «avec force la nécessité d’engager des discussions». Mais elles attendent également des propositions concrètes, bien définies, et le début formel de discussion en vue d’un dialogue, a déclaré l’ex-procureur Jaime Bernal Cuéllar au cours de la rencontre. Un rendez-vous organisé par la «Commission de facilités civiles» pour le rapprochement entre l’administration Uribe et l’ELN, seconde formation de la guérilla colombienne.
Avec plusieurs autres personnalités – dont quatre ex-ministres, des intellectuels, des dirigeants syndicaux – Cuéllar a signé un document envoyé aux autorités dans lequel est exprimée l’appréciation pour les efforts réalisés de la part des acteurs en présence depuis fin mai, lorsque le président Alvaro Uribe a proposé la réouverture du processus de paix avec l’ELN, impliquant le Mexique en qualité de «garant».
Ces dernières semaines, le mouvement armé, né en 1965 et qui compterait aujourd’hui sur 5’000 combattants, avait accepté, au moins en théorie de décréter un «cessez-le-feu» en échange d’un engagement identique de la part du gouvernement.
Dialogue une fois de plus compromis?
Le récent enlèvement de l’évêque de Yopal, Mgr Misael Vacca Ramírez, enlevé par des hommes de l’ELN le 24 juillet dernier et libéré deux jours plus tard, risque toutefois de jeter de nouvelles ombres sur l’ouverture de la négociation. Cet enlèvement aurait été motivé par la nécessité de faire parvenir un message de la part des dirigeants de l’ELN à l’Eglise et aux autorités colombiennes.
Depuis plusieurs années maintenant, l’opinion publique s’est habituée à entendre le mot «dialogue» prononcé à tout moment par la guérilla et le gouvernement. Ouverture de négociations et portes fermées se sont ainsi succédées sans jamais connaître d’avancées notoires. (apic/misna/pr)



